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	<title>Archives des Ecole Européenne des Métiers de l&#039;Internet - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<description>Mutations sociétales et transformations numériques</description>
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	<title>Archives des Ecole Européenne des Métiers de l&#039;Internet - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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		<title>Si je créais l&#8217;EEMI, j&#8217;en ferais une « non-école »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Feb 2011 23:59:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Transformation numérique]]></category>
		<category><![CDATA[barcamp]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lancement d&#8217;une Ecole Européenne des Métiers de l&#8217;Internet par Jacques-Antoine Granjon (vente-privée), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic) a fait le buzz ces dernières semaines. Ce n&#8217;est pas tous les jours que des stars de la Net Economie se mêlent d&#8217;enseignement, et ils viennent d&#8217;ailleurs de réitérer avec la  création d&#8217;une chaire e-business [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/si-je-creais-leemi-jen-ferais-une-non-ecole/">Si je créais l&rsquo;EEMI, j&rsquo;en ferais une « non-école »</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le lancement d&rsquo;une <a href="http://www.eemi.com/">Ecole Européenne des Métiers de l&rsquo;Internet</a> par Jacques-Antoine Granjon (vente-privée), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (Meetic)</strong> a fait le buzz ces dernières semaines. Ce n&rsquo;est pas tous les jours que des stars de la Net Economie se mêlent d&rsquo;enseignement, et ils viennent d&rsquo;ailleurs de réitérer avec la  <a href="http://fr.techcrunch.com/2011/02/08/hec-lance-la-1ere-chaire-e-business-en-france/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">création d&rsquo;une chaire e-business à H</a><a href="http://fr.techcrunch.com/2011/02/08/hec-lance-la-1ere-chaire-e-business-en-france/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">EC</a> <em>(NB l&rsquo;article a une photo vraiment sympa, avec tous ces messieurs charmants, mais&#8230; où sont les femmes ? :D </em>).</p>
<p>Je n&rsquo;y reviens pas car vous avez déjà eu toutes les infos là-dessus, le sujet a été pas mal débattu (Cf. notamment ces plateaux que nous avions faits sur <a href="http://techtoc.tv/search.php?task=dosearch&amp;search_text=faut-il+une+%C3%A9cole+de+l%27internet&amp;t=event">Techtoc</a>), et le besoin est là du point de vue des entreprises.</p>
<p>Par contre je trouve intéressant d&rsquo;évoquer son modèle-même, qui m&rsquo;a paru plus souvent susciter doutes et questions, de 2 sortes :<span id="more-1340"></span></p>
<ol>
<li>En toile de fond, un défi sociétal qui dépasse le projet EEMI. Le paradoxe qu&rsquo;il y a former et qualifier par des diplômes à des métiers inscrits dans une innovation permanente, et qui s&rsquo;accélère. La vidéo « <a href="http://www.dailymotion.com/video/x7og5n_did-you-know-sous-titres-fr_news">Did you know</a> » le résumait : «<em> Nous préparons actuellement des étudiants à des métiers qui n’existent pas encore… pour leur permettre de résoudre des problèmes dont nous n’avons encore aucune notion.</em> »</li>
<li><strong>Et très pragmatiquement, la question récurrente que j&rsquo;ai observée est la façon dont l&rsquo;EEMI va se différencier de l&rsquo;existant pour y répondre, sans pour autant pratiquer d&rsquo;élitisme.</strong> Comment s&rsquo;y prendre pour garantir à cette école une réactivité et une proximité permanentes au « terrain » (besoin des entreprises &#8211; attentes des étudiants), et une organisation de la formation (enseignements &#8211; profils d&rsquo;enseignants) « meilleures » ou plus adaptées que ne sont supposées le faire les autres offres de formation ?</li>
</ol>
<p><strong>En résumé, si l&rsquo;école et le système scolaire « traditionnel » se heurtent à des obstacles difficiles à résoudre par les méthodes « classiques », comment imaginer relever le défi d&rsquo;y parvenir, en répliquant ces mêmes pratiques ?</strong></p>
<h3>Résoudre le désir d&rsquo;apprendre</h3>
<p>La personnalité et les réputations des fondateurs, doublées de la perspective de trouver un emploi dans l&rsquo;une des entreprises partenaires, suffiront très certainement à remplir les listes de l&rsquo;EEMI. Et je ne pense pas que le problème n°1 soit la question financière des frais d&rsquo;inscription, qui peut être velléitairement résolue par des systèmes de bourse et de crédit. Le vrai défi n&rsquo;est pas là.</p>
<p>Le vrai défi vous l&rsquo;avez évoqué, messieurs Granjon, Niel, Simoncini, dans <a href="http://twitpic.com/3imwln/full">votre interview à Paris Match</a>. Vous en êtes les meilleurs exemples : vous dites « <em>avoir réussi en dépit du système</em>« . Car sans que ce soit aucunement imputable à ses acteurs, aux milliers d&rsquo;enseignants qui chaque jour s&rsquo;investissent dans la plus belle mission qui soit, l&rsquo;école s&rsquo;est, par beaucoup d&rsquo;aspects, déconnectée de son but. Avec notamment pour conséquence ce qu&rsquo;évoquait J.A. Granjon : <em>« il n&rsquo;y a pas de désir d&rsquo;apprendre »</em>. <strong>Nombreux jeunes sont en perte de sens, du sens d&rsquo;apprendre.</strong></p>
<p>Je trouve pourtant que le manque n&rsquo;est pas toujours celui du désir d&rsquo;apprendre : <strong>beaucoup, responsabilisés, trouveront dans leur travail ou d&rsquo;autres facettes de leur vie 1.000 occasions de l&rsquo;exercer</strong>. Quant au but, ils l&rsquo;ont tous : trouver un job qui leur plaise (si possible bien payé). Le problème est plutôt celui du lien entre les deux.</p>
<p>Ceux qui font encore ce lien, ou s&rsquo;efforcent de le maintenir, feront gentiment, comme dans toute autre école, leurs 3 ans d&rsquo;étude, et le système s&rsquo;auto-alimentera. L&rsquo;enjeu serait de réussir à accrocher <strong>aussi </strong>ceux qui sont en perte de sens vis-à-vis de l&rsquo;école mais qui ont bel et bien l&rsquo;envie de bosser dans le Web, des idées et surtout l&rsquo;énergie d&rsquo;en mettre en œuvre. De parvenir à capter ces belles énergies, non pas « contre », mais indifféremment du système : qu&rsquo;elles soient aptes ou pas à en passer le filtre (filtre qui repose aussi sur l&rsquo;auto-confiance et la confiance en ce système). <strong>C&rsquo;est une question comportementale autant que scolaire. Comment redonner du sens à l&rsquo;apprentissage ?</strong></p>
<h3>« L&rsquo;École Mutuelle » : les deux sens d&rsquo;apprendre</h3>
<p>L&rsquo;école mutuelle est un concept ayant eu cours au début du XIX<sup>e</sup> dans certains pays d&rsquo;Europe, et interdit par le pape Léon XII en 1824. Anne Querrien, dans un livre « <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/284671133X">L&rsquo;école mutuelle : une pédagogie trop efficace ?</a>« , préfacé par Isabelle Stengers (voir son article « <a href="http://ecolesdifferentes.free.fr/SILENCEILLICH.htm">le droit d&rsquo;apprendre</a>« ), en a décrit l&rsquo;expérience menée en France à la Restauration.</p>
<p>Créée dans le but d&rsquo;apporter aux plus pauvres le juste minimum de connaissances utiles pour pouvoir être placés en apprentissage (lire &#8211; écrire &#8211; compter), l&rsquo;école mutuelle était un enseignement de masse, disposant de très peu de moyens car doté à l&rsquo;économie.</p>
<p><strong>Son organisation était donc très différente : un seul maître pour la faire fonctionner</strong>, en pratique avec des classes de 60 &#8211; 80 élèves (d&rsquo;un point de vue théorique jusqu&rsquo;aux limites de capacité d&rsquo;accueil des bâtiments : plusieurs centaines d&rsquo;élèves), et un espace de travail organisé de façon fluide, pour permettre les regroupements dynamiques, sous forme « d&rsquo;ateliers ».</p>
<p><strong>La pédagogie, collaborative, reposait sur un enseignement réciproque. </strong>Car apprendre, c&rsquo;est apprendre&#8230; mais c&rsquo;est aussi apprendre aux autres : <strong>« enseigner, c&rsquo;est apprendre deux fois. »</strong>.</p>
<p>Chaque élève, quand il avait compris quelque chose, l&rsquo;expliquait à d&rsquo;autres : tout élève ainsi à la fois apprenant, et enseignant au niveau inférieur, est assuré de toujours trouver une place qui lui corresponde. <strong>L&rsquo;enseignement entre pairs résout « l&rsquo;obstacle » de l&rsquo;hétérogénéité en en faisant un atout.</strong></p>
<p>L&rsquo;école mutuelle a été fermée parce qu&rsquo;elle dépassait ses objectifs d&rsquo;efficience et n&rsquo;atteignait pas ceux de « politiquement correct » : les élèves apprenaient en 3 ans le curriculum prévu pour 6, mais n&rsquo;y acquéraient pas ce qui était estimé être le « respect du savoir ». Susceptible de remettre en cause, socialement, la mission qui lui avait été assignée et l&rsquo;ordre établi, elle ébranlait, aussi, les notions mêmes de pédagogie et d&rsquo;enseignement (appropriation du « droit d&rsquo;apprendre », existence d&rsquo;une « bonne façon » d&rsquo;apprendre&#8230; ?)</p>
<p>Ce modèle, qui a peut-être été idéalisé par l&rsquo;auteur mais qui semble avoir convaincu tous ses lecteurs, n&rsquo;en reste pas moins <strong>un exemple empirique de réussite extrêmement intéressant à explorer, si on le rapproche des pratiques habituelles et des perspectives de « social learning » dessinées par le développement d&rsquo;Internet.</strong></p>
<h3>L&rsquo;école de l&rsquo;Internet : une student-driven school&#8230; le barcamp scolaire ?</h3>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/614px-BarCamp_San_Diego_51.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-1397" title="614px-BarCamp_San_Diego_5[1]" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/614px-BarCamp_San_Diego_51-300x292.jpg" alt="" width="300" height="292" /></a><br /><a href="http://www.adverbe.com/2010/05/07/ecole-mutuelle-barcamp-et-pedagogies-collaboratives/">Xavier de Mazenod, dans un billet de 2010</a>, relevait aussi <strong> cette analogie de l&rsquo;école mutuelle, notamment avec les barcamps </strong>: les « non-conférences », ateliers participatifs essentiellement axés sur le web, sans conférencier désigné, où chacun apporte quelque chose, contribue d&rsquo;une façon ou l&rsquo;autre.</p>
<p>De la même façon, <strong>on peut la rapprocher des Webschools</strong>. Préconisés par <a href="http://billaut.typepad.com">Jean-Michel Billaut</a>, initiés par<a href="http://www.webschool-orleans.fr/webschool-orleans/webschool-orleans/"> Fabien Prêtre avec celle d&rsquo;Orléans</a>, expérimentées sous forme intégrée à l&rsquo;entreprise par <a href="http://conversationstrategies.com/?p=370">Lippi</a>, ces ateliers du numérique, gratuits et ouverts à tous, même encadrés par un expert, gardent pour principe-clé un échange libre, où chacun peut développer son apprentissage, ses usages et pratiques, mais aussi partager ses propres connaissances en animant des ateliers.</p>
<p><strong>Une « école de l&rsquo;Internet », comme l&rsquo;EEMI, pourrait mettre en œuvre une organisation axée sur ces modèles collaboratifs : « pas de spectateur, tous acteurs ».</strong></p>
<p>L&rsquo;enjeu serait alors moins de consacrer temps et énergie à produire des ressources déjà largement accessibles et à les délivrer verticalement, qu&rsquo;à placer les jeunes en prise directe et complète avec la co-construction de projets mais aussi de leurs propres connaissances. Des jeunes engagés d&#8217;emblée dans l&rsquo;interaction avec leurs pairs et avec l&rsquo;entreprise, et dans la propagation des idées et questionnements émergents, sur leur périmètre d&rsquo;action.</p>
<p>Cela suppose oser une conception « 2.0 », moins statique et plus dynamique du savoir, focalisée sur l&rsquo;efficacité de l&rsquo;apprentissage et sa dimension individuelle, comportementale, et relationnelle (collaboration, créativité, confiance en soi et en les autres, droit de comprendre &#8211; ne pas comprendre &#8211; questionner &#8211; remettre en cause, etc.) Un savoir qui pourrait y conserver périmètre et lignes directrices, même s&rsquo;il risque par certains aspects d&rsquo;avoir à se reposer sur le « life long learning », et d&rsquo;échapper au filtre des labels académiques : mais c&rsquo;est à mettre au regard de la génération d&rsquo;amateurs et d&rsquo;autodidactes passionnés qui se sont, souvent, passé de ces cadres pour produire les possibilités et horizons qu&rsquo;offre l&rsquo;Internet aujourd&rsquo;hui.</p>
<p><strong>Quoi qu&rsquo;il en soit, je crois que nul n&rsquo;est plus légitime qu&rsquo;une école (des métiers) de l&rsquo;Internet, pour en pratiquer et en véhiculer non seulement les connaissances et savoir-faire, mais aussi les modèles sociaux, comportementaux, collaboratifs, et créatifs, qui précisément en font la richesse et les perspectives. </strong><br /><br />Si c&rsquo;est la perte de sens qu&rsquo;il faut traiter, le « pourquoi &#8211; comment apprendre » qui fait défaut, en garantissant aux élèves un emploi à l&rsquo;issue de leurs études, je pense que la « carotte » peut être suffisante pour y parvenir.</p>
<p><strong>Mais imaginer un modèle d&rsquo;enseignement susceptible d&rsquo;y suffire à lui-même, un modèle ayant l&rsquo;audace d&rsquo;appliquer ce qu&rsquo;il veut enseigner, voire même transposable à d&rsquo;autres applications éducatives, ne serait-il pas un défi plus extraordinaire encore ? </strong> Et si tel est le cas, qui mieux que les meilleurs exemples d’excellence et de réussite dans l’univers numérique, serait à même de s’y essayer, et de « mettre des Zodiac à côté du paquebot pour explorer d’autres voies » ?</p>
<p> </p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" width="1200" height="900" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/Barcamp2005PaloAlto-1200x900.jpg" alt="" class="wp-image-7584" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/Barcamp2005PaloAlto-1200x900.jpg 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/Barcamp2005PaloAlto-300x225.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/02/Barcamp2005PaloAlto-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>By Ho John Lee from Palo Alto, California, USA (Barcamp 2005, Palo Alto) CC-BY-2.0 (www.creativecommons.org/licenses/by/2.0) via Wikimedia Commons</figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/si-je-creais-leemi-jen-ferais-une-non-ecole/">Si je créais l&rsquo;EEMI, j&rsquo;en ferais une « non-école »</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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