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	<title>Archives des faiblesse - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<description>Mutations sociétales et transformations numériques</description>
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	<title>Archives des faiblesse - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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		<title>Agir comme un bloc</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Mar 2013 15:49:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Vos mains, vos yeux, vos pieds, obéissent plus ou moins à vos pensées : vous les utilisez, ensemble ou séparément, pour tout ce que vous appelez « action ». Mais il peut survenir que la vie, des contraintes intérieures ou extérieures, nous empêchent d&#8217;agir comme nous le voudrions : regarder, aller, dire, prendre, faire&#8230; Alors, il reste possible [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/agir-comme-un-bloc/">Agir comme un bloc</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Vos mains, vos yeux, vos pieds, obéissent plus ou moins à vos pensées : vous les utilisez, ensemble ou séparément, pour tout ce que vous appelez « action ».</p>
<p>Mais il peut survenir que la vie, des contraintes intérieures ou extérieures, nous empêchent d&rsquo;agir comme nous le voudrions : regarder, aller, dire, prendre, faire&#8230;<span id="more-4870"></span></p>
<p>Alors, il reste <strong>possible d&rsquo;utiliser notre propre corps dans son entièreté &#8211; tel un bloc &#8211; comme force de résistance ou d&rsquo;action.</strong></p>
<p>Un caillou, une pierre : figée dans sa plus grande inertie, élaborée dans sa plus fine forme, ou projetant au loin toute sa masse. <strong>Celles de notre esprit</strong>.</p>
<p>Car le corps dans son intégrité est la « chose matérielle » qui « contient l&rsquo;esprit tout entier ». Si fragile et imparfait soit-il, il possède donc cette propriété, cette qualité ultime, d&rsquo;être<strong> plus puissant à déployer notre pensée, que ne le sont chacune de ses parties</strong>, même combinées.</p>
<p> </p>
<blockquote>
<p><strong>“ La force ne dépend pas de la capacité physique, elle procède d&rsquo;une volonté indomptable. ”</strong><br /><br />(Gandhi)</p>
</blockquote>
<p style="text-align: center;"> </p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="425" height="640" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2013/03/MoaiPaques.jpg" alt="" class="wp-image-7487" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2013/03/MoaiPaques.jpg 425w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2013/03/MoaiPaques-199x300.jpg 199w" sizes="(max-width: 425px) 100vw, 425px" /><figcaption>Ile de Pâques de <a href="https://flic.kr/p/5Df84M">plb06 </a>sur Flickr</figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/agir-comme-un-bloc/">Agir comme un bloc</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>L&#8217;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2013 16:17:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Extraits de L&#8217;Iliade ou le poème de la force. (Simone Weil, 1940) L&#8217;e-book est téléchargeable gratuitement ici (33 pages) ► Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l&#8217;Iliade, c&#8217;est la force. La force qui est maniée par les hommes, la force qui soumet les hommes, la force devant quoi la chair des hommes [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lame-et-la-force-soumission-a-la-matiere-et-transmutation/">L&rsquo;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div style="float: right;"><a title="L'Iliade ou le poème de la force" href="http://www.ebooksgratuits.com/pdf/weil_iliade.pdf" target="_blank"><img decoding="async" class=" wp-image-4821 " style="padding: 10px 40px 0px 20px;" title="L'Iliade ou le poème de la force (Simone Weil)" alt="L'Iliade ou le poème de la force (Simone Weil)" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2013/03/shot_130301_0438172-150x150.png" width="106" height="106" /></a></div>
<p style="margin: 40px;"><strong>Extraits de <em>L&rsquo;Iliade ou le poème de la force</em>. (Simone Weil, 1940)</strong></p>
<p style="float: right; margin-top: 5px;"><a title="L'Iliade ou le poème de la force" href="http://www.ebooksgratuits.com/pdf/weil_iliade.pdf" target="_blank">L&rsquo;e-book est téléchargeable gratuitement ici (33 pages) ► </a></p>
<blockquote style="color: #555555; font-size: 1.1em; clear: both; margin: 80px 50px auto 100px;">
<p style="text-align: justify; padding-top: 10px;">Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l&rsquo;Iliade, c&rsquo;est la force.<br />
La force qui est maniée par les hommes, la force qui soumet les hommes, la force devant quoi la chair des hommes se rétracte. L&rsquo;âme humaine ne cesse pas d&rsquo;y apparaître modifiée par ses rapports avec la force ; entraînée, aveuglée par la force dont elle croit disposer, courbée sous la contrainte de la force qu&rsquo;elle subit. (&#8230;) ceux qui savent discerner la force, aujourd&rsquo;hui comme autrefois, au centre de toute histoire humaine, y trouvent le plus beau, le plus pur des miroirs.<span id="more-4804"></span><br />
La force, c&rsquo;est ce qui fait de quiconque lui est soumis une chose. Quand elle s&rsquo;exerce jusqu&rsquo;au bout, elle fait de l&rsquo;homme une chose au sens le plus littéral, car elle en fait un cadavre. Il y avait quelqu&rsquo;un, et, un instant plus tard, il n&rsquo;y a personne. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">La force qui tue est une forme sommaire, grossière de la force. Combien plus variée en ses procédés, combien plus surprenante en ses effets, est l&rsquo;autre force, celle qui ne tue pas ; c&rsquo;est-à-dire celle qui ne tue pas encore. Elle va tuer sûrement, ou elle va tuer peut-être, ou bien elle est seulement suspendue sur l&rsquo;être qu&rsquo;à tout instant elle peut tuer ; de toutes façons elle change l&rsquo;homme en pierre. (&#8230;)<br />
Être bien étrange qu&rsquo;une chose qui a une âme ; étrange état pour l&rsquo;âme. Qui dira combien il lui faut à tout instant, pour s&rsquo;y conformer, se tordre et se plier sur elle-même ? Elle n&rsquo;est pas faite pour habiter une chose ; quand elle y est contrainte, il n’est plus rien en elle qui ne souffre violence. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La possibilité d&rsquo;une situation si violente est inconcevable tant qu&rsquo;on n&rsquo;y est pas ; la fin en est inconcevable quand on y est. Ainsi l&rsquo;on ne fait rien pour amener cette fin. Les bras ne peuvent pas cesser de tenir et de manier les armes en présence d&rsquo;un ennemi armé ; l&rsquo;esprit devrait combiner pour trouver une issue ; il a perdu toute capacité de rien combiner à cet effet. Il est occupé tout entier à se faire violence. Toujours parmi les hommes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de servitude ou de guerre, les malheurs intolérables durent par leur propre poids et semblent ainsi du dehors faciles à porter ; ils durent parce qu&rsquo;ils ôtent les ressources nécessaires pour en sortir.</p>
<p>Néanmoins l&rsquo;âme soumise à la guerre crie vers la délivrance ; mais la délivrance même lui apparaît sous une forme tragique, extrême, sous la forme de la destruction. Une fin modérée, raisonnable, laisserait à nu pour la pensée un malheur si violent qu&rsquo;il ne peut être soutenu même comme souvenir. La terreur, la douleur, l&rsquo;épuisement, les massacres, les compagnons détruits, on ne croit pas que toutes ces choses puissent cesser de mordre l&rsquo;âme si l&rsquo;ivresse de la force n&rsquo;est venue les noyer. L&rsquo;idée qu&rsquo;un effort sans limites pourrait n&rsquo;avoir apporté qu&rsquo;un profit nul ou limité fait mal. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Telle est la nature de la force. Le pouvoir qu&rsquo;elle possède de transformer les hommes en choses est double et s&rsquo;exerce de deux côtés ; elle pétrifie différemment, mais également, les âmes de ceux qui la subissent et de ceux qui la manient. Cette propriété atteint le plus haut degré au milieu des armes, à partir du moment où une bataille s&rsquo;oriente vers une décision. Les batailles ne se décident pas entre hommes qui calculent, combinent, prennent une résolution et l&rsquo;exécutent, mais entre hommes dépouillés de ces facultés, transformés, tombés au rang soit de la matière inerte qui n&rsquo;est que passivité, soit des forces aveugles qui ne sont qu&rsquo;élan. C&rsquo;est là le dernier secret de la guerre (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;art de la guerre n&rsquo;est que l&rsquo;art de provoquer de telles transformations, et le matériel, les procédés, la mort même infligée à l&rsquo;ennemi ne sont que des moyens à cet effet ; il a pour véritable objet l&rsquo;âme même des combattants. Mais ces transformations constituent toujours un mystère, et les dieux en sont les auteurs, eux qui touchent l&rsquo;imagination des hommes.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, cette double propriété de pétrification est essentielle à la force, et une âme placée au contact de la force n&rsquo;y échappe que par une espèce de miracle. De tels miracles sont rares et courts. (&#8230;) des moments lumineux, moments brefs et divins où les hommes ont une âme. L&rsquo;âme qui s&rsquo;éveille ainsi, un instant, pour se perdre bientôt après par l&#8217;empire de la force, s&rsquo;éveille pure et intacte ; il n&rsquo;y apparaît aucun sentiment ambigu, compliqué ou trouble ; seuls le courage et l&rsquo;amour y ont place. Parfois un homme trouve ainsi son âme en délibérant avec lui-même, quand il s&rsquo;essaye, comme Hector devant Troie, sans secours des dieux ou des hommes, à faire tout seul face au destin. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu&rsquo;il en soit, ce poème est une chose miraculeuse. L&rsquo;amertume y porte sur la seule juste cause d&rsquo;amertume, la subordination de l&rsquo;âme humaine à la force, c&rsquo;est-à-dire, en fin de compte, à la matière. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Celui qui ignore à quel point la fortune variable et la nécessité tiennent toute âme humaine sous leur dépendance ne peut pas regarder comme des semblables ni aimer comme soi-même ceux que le hasard a séparés de lui par un abîme. La diversité des contraintes qui pèsent sur les hommes fait naître l&rsquo;illusion qu&rsquo;il y a parmi eux des espèces distinctes qui ne peuvent communiquer. Il n&rsquo;est possible d&rsquo;aimer et d&rsquo;être juste que si l&rsquo;on connaît l&#8217;empire de la force et si l&rsquo;on sait ne pas le respecter. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">En particulier, rien n&rsquo;est plus rare qu&rsquo;une juste expression du malheur ; en le peignant, on feint presque toujours de croire tantôt que la déchéance est une vocation innée du malheureux, tantôt qu&rsquo;une âme peut porter le malheur sans en recevoir la marque, sans qu&rsquo;il change toutes les pensées d&rsquo;une manière qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à lui. Les Grecs, le plus souvent, eurent la force d&rsquo;âme qui permet de ne pas se mentir ; ils en furent récompensés et surent atteindre en toute chose le plus haut degré de lucidité, de pureté et de simplicité.</p>
</blockquote>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lame-et-la-force-soumission-a-la-matiere-et-transmutation/">L&rsquo;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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