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	<title>Archives des symbolique - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<description>Mutations sociétales et transformations numériques</description>
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	<title>Archives des symbolique - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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		<title>ἈΝΆΓΚΗ : le message de Notre-Dame</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 09 Dec 2024 22:59:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<category><![CDATA[Transformation numérique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’homme qui a écrit ce mot sur ce mur s’est effacé, il y a plusieurs siècles, du milieu des générations, le mot s’est à son tour effacé du mur de l’église, l’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre.</p>
<p>C'est sur ce mot qu'on a fait ce livre.  <strong>(Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, Février 1831)</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/%e1%bc%80%ce%bd%ce%ac%ce%b3%ce%ba%ce%b7-le-message-de-notre-dame/">ἈΝΆΓΚΗ : le message de Notre-Dame</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>L’incendie du 15 avril 2019 a marqué les consciences et permis de saisir la force symbolique, mais aussi la fragilité, de ce qui nous relie à notre histoire. En cinq ans  — l&rsquo;exploit interpelle par son contraste avec les temps longs de construction des cathédrales et la portée mondiale conférée à l&rsquo;évènement —, Notre-Dame a retrouvé sa splendeur grâce à un effort collectif de reconstruction sans précédent et à la mobilisation de 340.000 donateurs, riches mécènes mais aussi anonymes, étrangers, artisans et compagnons aux savoir-faire incomparables.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="675" src="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-1200x675.png" alt="" class="wp-image-9999" style="width:513px;height:auto" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-1200x675.png 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-300x169.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-768x432.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-1536x864.png 1536w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-2048x1152.png 2048w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-1110x624.png 1110w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/image-5-528x297.png 528w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">La façade illuminée de Notre-Dame remercie les pompiers et artisans qui ont sauvé la cathédrale.&nbsp;(France Télévisions)</figcaption></figure>
</div>


<p>Mon propos n&rsquo;est pas ici de louer la renaissance matérielle, mais <strong>un appel à lire les pierres pour en saisir le symbole</strong> : si le temps se contracte et si l&rsquo;espace se dilate sous les effets conjugués du numérique et de la globalisation, si le principe religieux d&rsquo;hier n&rsquo;est plus toujours le guide premier des quêtes d&rsquo;unité et d&rsquo;absolu, qu’est-ce qui, demain, pourra encore fédérer tant d&rsquo;esprits et de volontés vers une cause commune ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessité d&rsquo;ancrer / encrer la pensée humaine</h2>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="641" height="163" src="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Capture-decran-2024-12-09-165929.png" alt="" class="wp-image-10047" style="width:526px;height:auto" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Capture-decran-2024-12-09-165929.png 641w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Capture-decran-2024-12-09-165929-300x76.png 300w" sizes="(max-width: 641px) 100vw, 641px" /><figcaption class="wp-element-caption">Préface de Notre-Dame de Paris (Gallica)<sup data-fn="97bceb5e-8a5c-41fd-ac0a-f6288dffdc69" class="fn"><a href="#97bceb5e-8a5c-41fd-ac0a-f6288dffdc69" id="97bceb5e-8a5c-41fd-ac0a-f6288dffdc69-link">1</a></sup></figcaption></figure>
</div>


<figure class="wp-block-pullquote has-text-align-left"><blockquote><p>L’homme qui a écrit ce mot sur ce mur s’est effacé, il y a plusieurs siècles, du milieu des générations, le mot s’est à son tour effacé du mur de l’église, l’église elle-même s’effacera bientôt peut-être de la terre.<br><br>C&rsquo;est sur ce mot qu&rsquo;on a fait ce livre. <br></p><cite><em>Victor Hugo (Notre-Dame de Paris, Février 1831)</em></cite></blockquote></figure>



<p><strong>Ce mot, sur lequel Victor Hugo a bâti son livre </strong>et dont il a titré la préface, <strong>c&rsquo;est ἈΝΆΓΚΗ : l&rsquo;Anankè</strong>, en grec. </p>



<p>Ce graffiti noirci, aperçu au bas d&rsquo;un mur, a contribué au 19ème siècle à sauver Notre-Dame, délabrée, fragilisée par le vandalisme et dont d&rsquo;aucuns signaient déjà la démolition. En popularisant la cathédrale, en lui donnant une place centrale dans l&rsquo;imaginaire collectif et en mobilisant l&rsquo;opinion publique en faveur de sa restauration, le roman d&rsquo;Hugo a joué un rôle dans le changement des perceptions envers le patrimoine historique français. </p>



<p><strong>L&rsquo;Anankè </strong>(en grec ancien ἀνάγκη) est un concept métaphysique qui <strong>personnifie la Nécessité</strong>. Il caractérise pour le philosophe, le poète, l&rsquo;historien,<strong> ce qui doit advenir</strong>, une force implacable, inscrite dans le destin, la logique ou la nature elle-même.</p>



<p>Dans un texte mémorable du Livre V,&nbsp;<em>Ceci tuera cela</em>, Victor Hugo éclairait le sens de cette « Fatalité », décrivant la façon dont l&rsquo;architecture avait été détrônée par l&rsquo;écriture imprimée, dans la capacité à fixer la pensée humaine : <em>« Le livre va tuer l’édifice. »</em>&nbsp;<sup data-fn="13e86834-15f5-4524-8085-9ba45c55678f" class="fn"><a href="#13e86834-15f5-4524-8085-9ba45c55678f" id="13e86834-15f5-4524-8085-9ba45c55678f-link">2</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des pierres vivantes pour écrire le message de l&rsquo;humanité</h2>



<p>Je suis toujours saisie quand j&rsquo;entre dans une église, par l&rsquo;<strong>évidence scénaristique</strong> <strong>: dans un monde où le commun des mortels était très peu exposé à l&rsquo;image et moins encore à l&rsquo;écrit, les murs des églises, leurs fresques, leurs statuaires, leurs vitraux, leurs liturgies, racontaient d&rsquo;extraordinaires histoires</strong> <strong>animées</strong>. <strong>Premiers médias accessibles au plus grand nombre</strong>, elles formaient <strong>un véritable théâtre</strong> où les personnages réels et bibliques prenaient vie sous les voûtes, dans des sagas et des épopées dignes des plus grandes fictions modernes.</p>



<p>Par un effet second de la séparation de l&rsquo;Eglise et de l&rsquo;Etat, <strong>nous avons occulté la fonction narrative et éducative</strong> de ces livres de pierre et de lumière, parcourus par des générations et dont chacun pouvait lire les récits avec les yeux et avec le coeur. En retranchant ces bâtisses dans le chloroforme d&rsquo;une sorte de foi muséale réservée aux érudits — et qui ne suffira pas à les sauver toutes de la ruine ou de la démolition <sup data-fn="e8bf279f-0ba4-4ac7-8f9a-03a7b176ecaa" class="fn"><a href="#e8bf279f-0ba4-4ac7-8f9a-03a7b176ecaa" id="e8bf279f-0ba4-4ac7-8f9a-03a7b176ecaa-link">3</a></sup> — nous nous sommes privés d&rsquo;une partie de leur dynamique vitale.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est l&rsquo;écriture imprimée qui se trouve, à son tour, dépassée. Plus encore que le livre à l&rsquo;époque d&rsquo;Hugo, le numérique contemporain <em>« se fait troupe d’oiseaux, s’éparpille aux quatre vents, et occupe à la fois tous les points de l’air et de l’espace »</em>. Par son immédiateté, son omniprésence et son ubiquité, il détourne l&rsquo;attention des mémoires enracinées — dans la pierre puis dans le papier — et les noie dans des flots d’informations éphémères et volatiles.&nbsp;<sup data-fn="bd474a02-b76e-4242-8335-7365de0f4367" class="fn"><a href="#bd474a02-b76e-4242-8335-7365de0f4367" id="bd474a02-b76e-4242-8335-7365de0f4367-link">4</a></sup></p>



<p>Voici notre Anankè. Il s&rsquo;agit d&rsquo;apercevoir au pied du mur et de nous saisir des « <em>innombrables représentations et symboles  [qui nous] sont destinés</em> » pour en devenir nous-mêmes les « <em>pierres vivantes</em>« , comme l&rsquo;a relevé le Pape François <sup data-fn="e32da228-685f-4284-8ad3-d2d8c941984a" class="fn"><a href="#e32da228-685f-4284-8ad3-d2d8c941984a" id="e32da228-685f-4284-8ad3-d2d8c941984a-link">5</a></sup>. <strong>La leçon de l&rsquo;histoire de Notre-Dame, c&rsquo;est que nous devons nous approprier ce que les pierres racontent, pour en préserver l&rsquo;héritage de sens, et bâtir dessus notre propre roman moderne.   </strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mère debout, des enfants à relever.</h2>



<p>La reconstruction de la cathédrale parisienne aura été, à elle seule, un miracle collectif, où n&rsquo;auront pas manqué les images saisissantes. <strong>Survivante, debout parmi les décombres, Notre-Dame de Paris, statue de Vierge à l&rsquo;Enfant du 14ème siècle</strong> — celle-là même auprès de laquelle l&rsquo;écrivain Paul Claudel s&rsquo;était converti, touché par une « révélation ineffable » à Noël 1886 — <strong>nous a rappelés</strong> <strong>au devoir et à la promesse maternelle de vie</strong>, même au coeur des cendres.</p>


<div class="wp-block-image wp-duotone-unset-1">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="461" height="930" src="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Notre-Dame_statue-notre-dame-de-pied-1.webp" alt="" class="wp-image-9980" style="object-fit:cover;width:313px;height:auto" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Notre-Dame_statue-notre-dame-de-pied-1.webp 461w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Notre-Dame_statue-notre-dame-de-pied-1-149x300.webp 149w" sizes="(max-width: 461px) 100vw, 461px" /><figcaption class="wp-element-caption">Notre-Dame de Paris ou Vierge du Pilier. Statue en pierre de 1,80m, représentant la Vierge à l&rsquo;Enfant, sculptée au début du 14ème siècle. Issue de la Chapelle Saint-Aignan, elle est placée contre le pilier sud-est de la croisée des transepts par Viollet-le-Duc au 19ème siècle.</figcaption></figure>
</div>


<p>Mais <strong>Notre-Dame n’est pas seule</strong>. Environ la moitié des cathédrales françaises portent son nom. Dans le monde, près d’une église sur deux est dédiée à la Vierge Marie, figure la plus représentée dans l&rsquo;art occidental. Notre-Dame n&rsquo;est pas seule, mais <strong>l’une des innombrables églises qui dessinent le paysage culturel français, dont la restauration incombe aux communes depuis leur nationalisation </strong><sup data-fn="b15b9bbe-ecb3-4417-9168-4858a32ca927" class="fn"><a href="#b15b9bbe-ecb3-4417-9168-4858a32ca927" id="b15b9bbe-ecb3-4417-9168-4858a32ca927-link">6</a></sup><strong> et dont un grand nombre — entre 2 500 et 5 000 — sont en péril immédiat, abandonnées ou menacées de destruction</strong>. <sup data-fn="7d113550-fc9c-40ff-91ff-579b11a280dd" class="fn"><a href="#7d113550-fc9c-40ff-91ff-579b11a280dd" id="7d113550-fc9c-40ff-91ff-579b11a280dd-link">7</a></sup></p>



<p>La négligence humaine efface peu à peu ces sanctuaires, dont chacun porte un fragment de mémoire collective et une vocation qui dépasse leur matérialité et leur consécration : l&rsquo;encre de ceux qui les ont bâties, l&rsquo;ancre d&rsquo;un retour sur soi et sur l&rsquo;Homme.</p>



<p><strong>Ces pierres ne sont pas mortes, si l&rsquo;on veut bien écrire pour elles un roman qui les réinvente, leur redonne de l&rsquo;espace et du temps, une fonction protectrice du collectif et un rôle de projection de sens. </strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="1000" height="500" src="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/restauration-bonne-mere-panorama-15c6443af08591f9d19f9ca041f0f21a-o7unhkma0g96-1.webp" alt="" class="wp-image-10008" style="width:612px;height:auto" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/restauration-bonne-mere-panorama-15c6443af08591f9d19f9ca041f0f21a-o7unhkma0g96-1.webp 1000w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/restauration-bonne-mere-panorama-15c6443af08591f9d19f9ca041f0f21a-o7unhkma0g96-1-300x150.webp 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/restauration-bonne-mere-panorama-15c6443af08591f9d19f9ca041f0f21a-o7unhkma0g96-1-768x384.webp 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption class="wp-element-caption">Notre-Dame de la Garde, surnommée « La Bonne Mère », basilique du 19ème siècle, figure emblématique de la ville de Marseille.</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">On voit mieux le ciel, d&rsquo;une cathédrale sans toit</h2>



<p>Si l&rsquo;on devait choisir un récit moderne à y projeter, celui du « Jugement des Nations » de Matthieu 25 (« <em>Car j&rsquo;ai eu faim, et vous m&rsquo;avez donné à manger; j&rsquo;ai eu soif, et vous m&rsquo;avez donné à boire; j&rsquo;étais étranger, et vous m&rsquo;avez recueilli;</em> &#8230;) » serait probablement l&rsquo;un de ceux qui s&rsquo;imposerait le mieux au monde contemporain.</p>



<p>Le <em>Homeless Jesus</em> du sculpteur canadien Timothy Schmalz <sup data-fn="12cbe667-dd32-4aae-bdeb-1e337eab4e76" class="fn"><a href="#12cbe667-dd32-4aae-bdeb-1e337eab4e76" id="12cbe667-dd32-4aae-bdeb-1e337eab4e76-link">8</a></sup> est une représentation visuelle inspirée de ce passage, où Jésus est figuré en sans-abri. Ce banc, pas question de s&rsquo;y allonger. Il est conçu pour « <em>s’asseoir inconfortablement à côté de Jésus. » </em>Juste assez pour réfléchir un peu. Sur soi, sur l&rsquo;Humanité. <em>Et moi, quelle force trouverais-je pour me relever dans ce monde et vers quel ciel me tournerais-je, si je n&rsquo;avais plus de toit ?</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="1200" height="675" src="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1.jpg" alt="" class="wp-image-10022" style="width:594px;height:auto" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1.jpg 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1-300x169.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1-768x432.jpg 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1-1110x624.jpg 1110w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2024/12/Homeless-Jesus-1-528x297.jpg 528w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Homeless Jesus, sculpture de <a href="https://www.sculpturebytps.com/portfolio_page/homeless-jesus/">Timothy Schmalz </a></figcaption></figure>
</div>


<p></p>



<p>En France, 330.000 personnes vivent sans domicile, dont 42.000 directement dans la rue. Parmi eux, plus de 2 000 enfants. En Europe, 4,1 M de personnes sont sans abri. <br><br>Il y a 70 ans, au coeur de l&rsquo;hiver 54, l’Abbé Pierre lançait son appel <sup data-fn="56f44088-f357-44fa-8cbb-0a30de2704f1" class="fn"><a href="#56f44088-f357-44fa-8cbb-0a30de2704f1" id="56f44088-f357-44fa-8cbb-0a30de2704f1-link">9</a></sup> : <em>« Mes amis, au secours&#8230; Une femme vient de mourir gelée&#8230; »</em> Cet anniversaire est connoté de l&rsquo;ambivalence qu&rsquo;on connaît aujourd&rsquo;hui à l&rsquo;Abbé Pierre. Mais ce sont les failles, celles des plus humbles comme des grandes figures, qui rendent les messages universels : capables de perdurer et de grandir, parce qu&rsquo;il nous faut continuellement les relire dans les paradigmes de notre temps. <strong>Aligner les valeurs et les actes repose toujours sur une ambiguïté toute humaine et c&rsquo;est bien là l&rsquo;horizon perpétuel de notre dépassement.</strong> <br><br>Nous-mêmes ne sommes pas moins faillibles : prêts à guider l&rsquo;humanité vers Mars, mais toujours bien embarrassés lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la faire avancer devant notre porte. <sup data-fn="69531a43-0868-4aba-bca7-24ce13c78118" class="fn"><a href="#69531a43-0868-4aba-bca7-24ce13c78118" id="69531a43-0868-4aba-bca7-24ce13c78118-link">10</a></sup></p>



<h2 class="wp-block-heading">Mes amis, au secours&#8230; Nous voilà prêts à conduire l&rsquo;humanité sur Mars : comment l&rsquo;amener devant notre porte ?</h2>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Je cherche mon chemin. Où trouver, au détour de chaque route ou bourgade, le lieu d’asile qui ouvre inconditionnellement et gratuitement ses portes au cheminant, au voyageur, à l’égaré, au bouleversé, au miséreux, au migrant, au délaissé, à l’évadé ?<br><br>Montrez-moi, s’il vous plait, le libre accès à l’espace de paix, de calme, de méditation, de retrait et de retraite, au milieu de l’agitation de nos villes et du brouhaha de nos vies.<br><br>Où est le sanctuaire qui abrite l’intimité de la pensée, respecte l&rsquo;intériorité et ménage la singularité du pas et du cheminement ?<br> <br>Quel est l&rsquo;hôte qui accueille la réflexion et offre la réflexivité, le dialogue entre le petit soi et le grand Soi, quand la fonction moderne, laïque de guide de l’esprit jongle souvent avec des contraintes programmatiques et de rentabilité tenant du cahier des charges industriel ? <sup data-fn="4656b671-4ead-4ddc-a5ba-bd72eb0c802e" class="fn"><a href="#4656b671-4ead-4ddc-a5ba-bd72eb0c802e" id="4656b671-4ead-4ddc-a5ba-bd72eb0c802e-link">11</a></sup></p><cite>Ordalie, l&rsquo;épreuve du feu. Du point zéro à la reconstruction. (sur ce blog, 2019)</cite></blockquote></figure>



<p>Chacune de ces églises désertées, abandonnées à l’oubli ou à la démolition, pourrait devenir une réponse adaptée à bien des besoins humains contemporains, <strong>un lieu vivant, d&rsquo;assemblée, de refuge et de narration,</strong> <strong>un espace de projection (réelle et/ou symbolique) de sens, dans un monde qui, pour beaucoup, n&rsquo;en a pas toujours</strong>. Comme l’a rappelé le Pape François : <em>« Une foule immense, en quête d’absolu et de sens à leur vie, doit trouver des portes largement ouvertes pour les accueillir généreusement et gratuitement. »</em></p>



<p>Pour Hugo, ce graffiti « <em>ἈΝΆΓΚΗ</em>« , marque oubliée sur la pierre, était un <strong>appel à l’action en réponse à la fatalité</strong> : redonner vie à ce qui était voué à disparaître. Et si son roman fut aussi critiqué pour ses digressions philosophiques, ses libertés historiques, son mélodramatisme et son regard polémique sur l’Église, l&rsquo;immense succès populaire et l&rsquo;impact culturel et patrimonial font paraître ces critiques bien dérisoires. <strong>Toute entreprise de réinvention du patrimoine doit concilier des tensions</strong> : comment se faire les témoins vivants d’une humanité qui cherche à répondre aux besoins laïcs de son temps sans renier ni son histoire, ni la liberté de conscience ?</p>



<p><strong>L&rsquo;œcuménisme des lieux de culte, la désaffectation cultuelle pour des usages en tout ou partie sociaux, éducatifs, culturels ou caritatifs </strong><sup data-fn="d1abe6da-a7ba-44e0-992d-0a97b5aa8af6" class="fn"><a href="#d1abe6da-a7ba-44e0-992d-0a97b5aa8af6" id="d1abe6da-a7ba-44e0-992d-0a97b5aa8af6-link">12</a></sup><strong>, les équipements numériques et la modularité modernes, sont autant de solutions qui permettent d&rsquo;envisager des adaptations singulières à toutes les formes de situations, des plurivalences qui eussent été impensables hier, et de concevoir des espaces mixtes réinventés, évolutions modernes de cette polyvalence des églises d’autrefois</strong>.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Notre-Dame est debout. Notre-Dame, lieu politique, point zéro de toutes nos routes, théâtre majeur au coeur de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Etat Français, l&rsquo;un des dix sites les plus visités au monde, a retrouvé sa grandeur. Notre-Dame est magnifique et il nous appartient désormais d&rsquo;incarner <strong>sa figure maternelle</strong>. <strong>Puissent donc ses grands donateurs entendre cet appel et tracer les voies qui permettront de poursuivre, élever et réinventer sa vocation première : porter la vie.   </strong></p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>Rêveurs, et relisant le livre de Victor&nbsp;;<br>— Alors ils croiront voir la vieille basilique,<br>Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,<br>Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort&nbsp;!</p><cite><em>Gérard de Nerval (Notre-Dame de Paris, Œuvres, T.1, Bibliothèque de la Pléiade,&nbsp;1960)</em> <sup data-fn="99071848-d95c-408b-b5fe-76d3d88b8e4d" class="fn"><a href="#99071848-d95c-408b-b5fe-76d3d88b8e4d" id="99071848-d95c-408b-b5fe-76d3d88b8e4d-link">13</a></sup></cite></blockquote></figure>


<ol class="wp-block-footnotes has-small-font-size"><li id="97bceb5e-8a5c-41fd-ac0a-f6288dffdc69">Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, <a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60009409/f13">manuscrit sur Gallica</a> <a href="#97bceb5e-8a5c-41fd-ac0a-f6288dffdc69-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 1">↩︎</a></li><li id="13e86834-15f5-4524-8085-9ba45c55678f">Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Notre-Dame_de_Paris">texte intégral sur Wikisource</a> <a href="#13e86834-15f5-4524-8085-9ba45c55678f-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 2">↩︎</a></li><li id="e8bf279f-0ba4-4ac7-8f9a-03a7b176ecaa"><a href="https://www.fondation-patrimoine.org/">Fondation du Patrimoine</a> <a href="#e8bf279f-0ba4-4ac7-8f9a-03a7b176ecaa-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 3">↩︎</a></li><li id="bd474a02-b76e-4242-8335-7365de0f4367">Sur ce blog (2011) : <a href="https://dangas.com/linteraction-humaine-de-la-lecture-a-la-connexion/" data-type="post" data-id="2418">L&rsquo;interaction humaine : de la lecture à la connexion</a>  <a href="#bd474a02-b76e-4242-8335-7365de0f4367-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 4">↩︎</a></li><li id="e32da228-685f-4284-8ad3-d2d8c941984a">Message du Pape François à l&rsquo;occasion de la réouverture de Notre-Dame de Paris, 7 décembre 2024 &#8211; <a href="https://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/pont-messages/2024/documents/20241121-messaggio-riapertura-notredame-parigi.html">Vatican.va</a> <a href="#e32da228-685f-4284-8ad3-d2d8c941984a-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 5">↩︎</a></li><li id="b15b9bbe-ecb3-4417-9168-4858a32ca927"><a href="https://www.senat.fr/notice-rapport/2014/r14-345-notice.html">Rapport Sénatorial</a> « Les collectivités territoriales et le financement des lieux de culte », 2015   <a href="#b15b9bbe-ecb3-4417-9168-4858a32ca927-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 6">↩︎</a></li><li id="7d113550-fc9c-40ff-91ff-579b11a280dd"><a href="https://www.patrimoine-religieux.fr/">L&rsquo;Observatoire du Patrimoine Religieux</a> estime jusqu&rsquo;à 100.000 le nombre d&rsquo;édifices religieux, dont plus de 40.000 propriétés des communes, et 15.000 classés aux monuments historiques. <a href="#7d113550-fc9c-40ff-91ff-579b11a280dd-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 7">↩︎</a></li><li id="12cbe667-dd32-4aae-bdeb-1e337eab4e76"><a href="https://www.sculpturebytps.com/portfolio_page/homeless-jesus/">Homeless Jesus</a> &#8211; Site de Timothy Schmalz  <a href="#12cbe667-dd32-4aae-bdeb-1e337eab4e76-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 8">↩︎</a></li><li id="56f44088-f357-44fa-8cbb-0a30de2704f1">Fondation Abbé Pierre &#8211; <a href="https://www.fondation-abbe-pierre.fr/la-fondation-abbe-pierre/la-vie-de-labbe-pierre/appel-abbe-pierre-1er-fevrier-1954">Appel du 1er février 1954</a>   <a href="#56f44088-f357-44fa-8cbb-0a30de2704f1-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 9">↩︎</a></li><li id="69531a43-0868-4aba-bca7-24ce13c78118">Sylvain Tesson : L&rsquo;incendie de Notre-Dame est un appel à la sagesse &#8211; <a href="https://www.youtube.com/watch?v=dNkab0IfU1g&amp;list=RDNSdNkab0IfU1g&amp;index=2">Interview RTL</a>  <a href="#69531a43-0868-4aba-bca7-24ce13c78118-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 10">↩︎</a></li><li id="4656b671-4ead-4ddc-a5ba-bd72eb0c802e">Sur ce blog (2019) : <a href="https://dangas.com/ordalie-lepreuve-du-feu-du-point-zero-a-la-reconstruction/">Ordalie, l’épreuve du feu : du point zéro à la reconstruction</a> <a href="#4656b671-4ead-4ddc-a5ba-bd72eb0c802e-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 11">↩︎</a></li><li id="d1abe6da-a7ba-44e0-992d-0a97b5aa8af6">Patrimoine : les sénateurs veulent redonner vie aux églises pour lutter contre leur dégradation &#8211; <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/societe/patrimoine-les-senateurs-veulent-redonner-vie-aux-eglises-pour-lutter-contre-leur?utm_source=chatgpt.com">Article sur Public Sénat</a> <a href="#d1abe6da-a7ba-44e0-992d-0a97b5aa8af6-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 12">↩︎</a></li><li id="99071848-d95c-408b-b5fe-76d3d88b8e4d">Gérard de Nerval, Notre-Dame de Paris, <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Notre-Dame_de_Paris_%28Nerval%29">texte sur Wikisource</a> <a href="#99071848-d95c-408b-b5fe-76d3d88b8e4d-link" aria-label="Aller à la note de bas de page 13">↩︎</a></li></ol>


<blockquote class="wp-block-quote has-text-color has-link-color wp-elements-2460aea22e4ee528b01283244aac5050 is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow" style="color:#bebebe">
<p class="has-text-color has-link-color wp-elements-f8ff2b51b5714417d37634c24d9643fc" style="color:#bebebe">Celui qui déplace la montagne, c&rsquo;est celui qui commence à enlever les petites pierres.&nbsp;(<em>Confucius</em>)</p>
</blockquote>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/%e1%bc%80%ce%bd%ce%ac%ce%b3%ce%ba%ce%b7-le-message-de-notre-dame/">ἈΝΆΓΚΗ : le message de Notre-Dame</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>Oeuvre au rouge. Bonne année 2014 !</title>
		<link>https://dangas.com/oeuvre-au-rouge-bonne-annee-2014/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jan 2014 08:40:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[alchimie]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[couleur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une couleur fondamentale dans toutes les civilisations La stabilité de la couleur rouge, la maîtrise très ancienne de ses techniques pigmentaires (Adam, du lat. Adamus, signifie « fait de terre rouge ») lui ont conféré un rôle historique, dont témoigne la richesse sémantique de ses nuances (garance, cramoisi, vermillon, etc.). Teinte éclatante, sa réalisation coûteuse l&#8217;a longtemps [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/oeuvre-au-rouge-bonne-annee-2014/">Oeuvre au rouge. Bonne année 2014 !</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;"><span style="color: #e5040d;">Une couleur fondamentale dans toutes les civilisations</span></h2>
<p style="text-align: justify;">La stabilité de la couleur rouge, la maîtrise très ancienne de ses techniques pigmentaires (Adam, du lat. Adamus, signifie « fait de terre rouge ») lui ont conféré un rôle historique, dont témoigne la richesse sémantique de ses nuances (garance, cramoisi, vermillon, etc.).<span id="more-5382"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Teinte éclatante, sa réalisation coûteuse l&rsquo;a longtemps réservée très exclusivement à l&rsquo;élite : rois, chefs, dignitaires religieux&#8230; Le rouge est devenu <strong>symbole par excellence de pouvoir, de puissance, de dignité</strong>, de mérite, de maturité, d&rsquo;honneurs rendus.</p>
<p style="text-align: justify;">Couleur du sang, du feu, du soleil en fusion avec l&rsquo;horizon, <strong>le rouge incarne l&rsquo;énergie vitale, la chaleur et l&rsquo;amour, et dispose <strong>d&rsquo;un rapport privilégié avec la lumière</strong></strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le principe de Vie est ambivalent : le rouge figure aussi les démons, la destruction et la mort, la violence ou le martyr (le rouge cardinal &#8211; pourpre cardinalice &#8211; renvoie chez les chrétiens au sang versé par le Christ), tout comme il accompagne les renaissances (le phénix se pare de rouge flamme), la résurrection, les révolutions&#8230; Il symbolise <strong>l&rsquo;esprit, la connaissance,</strong> la régénération et l&rsquo;immortalité.</p>
<h2><span style="color: #e5040d;">L&rsquo;ultime phase du travail alchimique</span></h2>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans la tradition alchimique</strong>, <strong>l&rsquo;oeuvre au rouge (l&rsquo;incandescence, rubedo)</strong> est, après l&rsquo;oeuvre au noir (calcination) et l&rsquo;oeuvre au blanc (purification) &#8211; on peut aussi inclure la sublimation (jaune) &#8211; la toute dernière étape du travail des alchimistes. La réanimation du feu primordial fait apparaître la Pierre Philosophale : ainsi s&rsquo;achève le « grand œuvre ».</p>
<p style="text-align: justify;">La <strong>psychologie jungienne </strong>a repris ces mêmes phases pour décrire l&rsquo;individuation psychique : transformation intérieure &#8211; réalisation spirituelle résultant de la rencontre avec l&rsquo;ombre &#8211; et archétype de réalisation de la Totalité (l&rsquo;homme universel). Le processus trouve dans la rubedo son aboutissement : <strong>l&rsquo;intégration du conscient et de l&rsquo;inconscient, dans le Soi</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;oeuvre au rouge, c&rsquo;est donc le rassemblement dans l&rsquo;incandescence de tous les morceaux, c&rsquo;est l&rsquo;obtention de la <strong>plénitude</strong> et de la <strong>complétude</strong>, c&rsquo;est la<strong> conscience rayonnante</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Au sens métaphysique, la transmutation se fonde sur des principes d&rsquo;équivalences où <strong>tout changement d&rsquo;être personnel entraîne des transformations au monde. L&rsquo;intérieur modifie l&rsquo;extérieur, et réciproquement.</strong></p>
<p> </p>
<blockquote>
<p><strong>“ Lorsqu&rsquo;une chose évolue, tout ce qui est autour évolue de même. ”</strong></p>
<p><br />&#8211; Paulo Coehlo (L&rsquo;alchimiste)</p>
</blockquote>
<p> </p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est pourquoi je vous souhaite &#8211; et la souhaite donc à tous et tout ce qui nous environne &#8211; <strong>une année 2014 d&rsquo;oeuvre au rouge : de régénération, de force d&rsquo;âme, <strong>de densité, </strong>de sagesse et de rayonnement</strong>.</p>
<p> </p>
<blockquote>
<p><strong>“ Le feu lui-même n’est pas le vrai feu, il n’est que le feu flambant, brillant, cendrant. Lointaine image du vrai feu, du feu lumière, du feu pur, du feu substantiel, du feu principe. Du feu sexualisé que produit l’homme primitif au feu mystique, la gamme entière des diverses zones du psychisme humain et des possibilités de l’esprit est parcourue. C’est la symbolique de la lumière qui permet d’atteindre à cette ultime et incomparable hauteur, car seule, la lumière autorise l’idéalisation du feu. Elle permet de faire de la lampe du profane le phare du mystique et du saint. ”<br /></strong><br />&#8211; Gaston Bachelard (Psychanalyse du feu)</p>
</blockquote>
<div class="mceTemp"> </div>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #e5040d; font-size: 3em;">Bonne année 2014 !</span></p>
<p> </p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" width="1024" height="590" src="https://www.dangas.com/wp-content/uploads/2014/01/2563176967_e97122776f_z.jpg" alt="" class="wp-image-5411" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2014/01/2563176967_e97122776f_z.jpg 1024w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2014/01/2563176967_e97122776f_z-300x173.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2014/01/2563176967_e97122776f_z-768x443.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Soleil by <a href="https://www.flickr.com/photos/computerhotline/2563176967/">Thomas Bresson</a> sur Flickr :  Soleil pris en afocal (aucune idée de la focale de l&rsquo;oculaire) à travers un PST Coronado prêté par le club d&rsquo;astronomie de Seloncourt : Astro400. Cliché pris à Seloncourt lors des journées astronomiques seloncourtoises.</figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/oeuvre-au-rouge-bonne-annee-2014/">Oeuvre au rouge. Bonne année 2014 !</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>L&#8217;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</title>
		<link>https://dangas.com/lame-et-la-force-soumission-a-la-matiere-et-transmutation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Mar 2013 16:17:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<category><![CDATA[âme]]></category>
		<category><![CDATA[conscience]]></category>
		<category><![CDATA[esprit]]></category>
		<category><![CDATA[faiblesse]]></category>
		<category><![CDATA[force]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[spiritualité]]></category>
		<category><![CDATA[symbolique]]></category>
		<category><![CDATA[transformation]]></category>
		<category><![CDATA[transmutation]]></category>
		<category><![CDATA[violence]]></category>
		<category><![CDATA[violence symbolique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Extraits de L&#8217;Iliade ou le poème de la force. (Simone Weil, 1940) L&#8217;e-book est téléchargeable gratuitement ici (33 pages) ► Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l&#8217;Iliade, c&#8217;est la force. La force qui est maniée par les hommes, la force qui soumet les hommes, la force devant quoi la chair des hommes [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lame-et-la-force-soumission-a-la-matiere-et-transmutation/">L&rsquo;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="float: right;"><a title="L'Iliade ou le poème de la force" href="http://www.ebooksgratuits.com/pdf/weil_iliade.pdf" target="_blank"><img decoding="async" class=" wp-image-4821 " style="padding: 10px 40px 0px 20px;" title="L'Iliade ou le poème de la force (Simone Weil)" alt="L'Iliade ou le poème de la force (Simone Weil)" src="https://www.dangas.com/wp-content/uploads/2013/03/shot_130301_0438172-150x150.png" width="106" height="106" /></a></div>
<p style="margin: 40px;"><strong>Extraits de <em>L&rsquo;Iliade ou le poème de la force</em>. (Simone Weil, 1940)</strong></p>
<p style="float: right; margin-top: 5px;"><a title="L'Iliade ou le poème de la force" href="http://www.ebooksgratuits.com/pdf/weil_iliade.pdf" target="_blank">L&rsquo;e-book est téléchargeable gratuitement ici (33 pages) ► </a></p>
<blockquote style="color: #555555; font-size: 1.1em; clear: both; margin: 80px 50px auto 100px;">
<p style="text-align: justify; padding-top: 10px;">Le vrai héros, le vrai sujet, le centre de l&rsquo;Iliade, c&rsquo;est la force.<br />
La force qui est maniée par les hommes, la force qui soumet les hommes, la force devant quoi la chair des hommes se rétracte. L&rsquo;âme humaine ne cesse pas d&rsquo;y apparaître modifiée par ses rapports avec la force ; entraînée, aveuglée par la force dont elle croit disposer, courbée sous la contrainte de la force qu&rsquo;elle subit. (&#8230;) ceux qui savent discerner la force, aujourd&rsquo;hui comme autrefois, au centre de toute histoire humaine, y trouvent le plus beau, le plus pur des miroirs.<span id="more-4804"></span><br />
La force, c&rsquo;est ce qui fait de quiconque lui est soumis une chose. Quand elle s&rsquo;exerce jusqu&rsquo;au bout, elle fait de l&rsquo;homme une chose au sens le plus littéral, car elle en fait un cadavre. Il y avait quelqu&rsquo;un, et, un instant plus tard, il n&rsquo;y a personne. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">La force qui tue est une forme sommaire, grossière de la force. Combien plus variée en ses procédés, combien plus surprenante en ses effets, est l&rsquo;autre force, celle qui ne tue pas ; c&rsquo;est-à-dire celle qui ne tue pas encore. Elle va tuer sûrement, ou elle va tuer peut-être, ou bien elle est seulement suspendue sur l&rsquo;être qu&rsquo;à tout instant elle peut tuer ; de toutes façons elle change l&rsquo;homme en pierre. (&#8230;)<br />
Être bien étrange qu&rsquo;une chose qui a une âme ; étrange état pour l&rsquo;âme. Qui dira combien il lui faut à tout instant, pour s&rsquo;y conformer, se tordre et se plier sur elle-même ? Elle n&rsquo;est pas faite pour habiter une chose ; quand elle y est contrainte, il n’est plus rien en elle qui ne souffre violence. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">La possibilité d&rsquo;une situation si violente est inconcevable tant qu&rsquo;on n&rsquo;y est pas ; la fin en est inconcevable quand on y est. Ainsi l&rsquo;on ne fait rien pour amener cette fin. Les bras ne peuvent pas cesser de tenir et de manier les armes en présence d&rsquo;un ennemi armé ; l&rsquo;esprit devrait combiner pour trouver une issue ; il a perdu toute capacité de rien combiner à cet effet. Il est occupé tout entier à se faire violence. Toujours parmi les hommes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de servitude ou de guerre, les malheurs intolérables durent par leur propre poids et semblent ainsi du dehors faciles à porter ; ils durent parce qu&rsquo;ils ôtent les ressources nécessaires pour en sortir.</p>
<p>Néanmoins l&rsquo;âme soumise à la guerre crie vers la délivrance ; mais la délivrance même lui apparaît sous une forme tragique, extrême, sous la forme de la destruction. Une fin modérée, raisonnable, laisserait à nu pour la pensée un malheur si violent qu&rsquo;il ne peut être soutenu même comme souvenir. La terreur, la douleur, l&rsquo;épuisement, les massacres, les compagnons détruits, on ne croit pas que toutes ces choses puissent cesser de mordre l&rsquo;âme si l&rsquo;ivresse de la force n&rsquo;est venue les noyer. L&rsquo;idée qu&rsquo;un effort sans limites pourrait n&rsquo;avoir apporté qu&rsquo;un profit nul ou limité fait mal. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Telle est la nature de la force. Le pouvoir qu&rsquo;elle possède de transformer les hommes en choses est double et s&rsquo;exerce de deux côtés ; elle pétrifie différemment, mais également, les âmes de ceux qui la subissent et de ceux qui la manient. Cette propriété atteint le plus haut degré au milieu des armes, à partir du moment où une bataille s&rsquo;oriente vers une décision. Les batailles ne se décident pas entre hommes qui calculent, combinent, prennent une résolution et l&rsquo;exécutent, mais entre hommes dépouillés de ces facultés, transformés, tombés au rang soit de la matière inerte qui n&rsquo;est que passivité, soit des forces aveugles qui ne sont qu&rsquo;élan. C&rsquo;est là le dernier secret de la guerre (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;art de la guerre n&rsquo;est que l&rsquo;art de provoquer de telles transformations, et le matériel, les procédés, la mort même infligée à l&rsquo;ennemi ne sont que des moyens à cet effet ; il a pour véritable objet l&rsquo;âme même des combattants. Mais ces transformations constituent toujours un mystère, et les dieux en sont les auteurs, eux qui touchent l&rsquo;imagination des hommes.</p>
<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, cette double propriété de pétrification est essentielle à la force, et une âme placée au contact de la force n&rsquo;y échappe que par une espèce de miracle. De tels miracles sont rares et courts. (&#8230;) des moments lumineux, moments brefs et divins où les hommes ont une âme. L&rsquo;âme qui s&rsquo;éveille ainsi, un instant, pour se perdre bientôt après par l&#8217;empire de la force, s&rsquo;éveille pure et intacte ; il n&rsquo;y apparaît aucun sentiment ambigu, compliqué ou trouble ; seuls le courage et l&rsquo;amour y ont place. Parfois un homme trouve ainsi son âme en délibérant avec lui-même, quand il s&rsquo;essaye, comme Hector devant Troie, sans secours des dieux ou des hommes, à faire tout seul face au destin. (&#8230;)</p>
<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Quoi qu&rsquo;il en soit, ce poème est une chose miraculeuse. L&rsquo;amertume y porte sur la seule juste cause d&rsquo;amertume, la subordination de l&rsquo;âme humaine à la force, c&rsquo;est-à-dire, en fin de compte, à la matière. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">Celui qui ignore à quel point la fortune variable et la nécessité tiennent toute âme humaine sous leur dépendance ne peut pas regarder comme des semblables ni aimer comme soi-même ceux que le hasard a séparés de lui par un abîme. La diversité des contraintes qui pèsent sur les hommes fait naître l&rsquo;illusion qu&rsquo;il y a parmi eux des espèces distinctes qui ne peuvent communiquer. Il n&rsquo;est possible d&rsquo;aimer et d&rsquo;être juste que si l&rsquo;on connaît l&#8217;empire de la force et si l&rsquo;on sait ne pas le respecter. (&#8230;)</p>
<p style="text-align: justify;">En particulier, rien n&rsquo;est plus rare qu&rsquo;une juste expression du malheur ; en le peignant, on feint presque toujours de croire tantôt que la déchéance est une vocation innée du malheureux, tantôt qu&rsquo;une âme peut porter le malheur sans en recevoir la marque, sans qu&rsquo;il change toutes les pensées d&rsquo;une manière qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à lui. Les Grecs, le plus souvent, eurent la force d&rsquo;âme qui permet de ne pas se mentir ; ils en furent récompensés et surent atteindre en toute chose le plus haut degré de lucidité, de pureté et de simplicité.</p>
</blockquote>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lame-et-la-force-soumission-a-la-matiere-et-transmutation/">L&rsquo;âme et la force : soumission à la matière et transmutation.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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