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	<title>Archives des sciences humaines - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<description>Mutations sociétales et transformations numériques</description>
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	<title>Archives des sciences humaines - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<item>
		<title>Dire les déterminismes ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 00:01:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la France ne trouve pas la voie de la réduction du poids des origines sociales dans les destinées scolaires (OCDE, synthèse PISA 2018 France), une tribune de&#160;Rachid Zerrouki&#160;sur Libération interroge : “ Faut-il parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent ? ” &#160; La réponse est&#8230; dans la question ! Je [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/dire-les-determinismes/">Dire les déterminismes ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Alors que la France ne trouve pas la voie de la réduction du poids des origines sociales dans les destinées scolaires (OCDE, synthèse <a href="https://www.oecd.org/pisa/publications/PISA2018_CN_FRA_FRE.pdf">PISA 2018</a> France), une <a href="https://www.liberation.fr/debats/2019/12/10/faut-il-parler-des-determinismes-sociaux-aux-jeunes-qui-les-subissent_1768408?fbclid=IwAR3AVtoWpAr37H7jik0CJ9k-cMGAVyi3sWJ_l9Ng0NpP9T4WMS7x81ZpYXU">tribune de&nbsp;Rachid Zerrouki&nbsp;sur Libération</a> interroge :  “ <em>Faut-il parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent ? </em>” &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réponse est&#8230; dans la question !</h3>



<p class="wp-block-paragraph"> Je le dis <a href="http://dangas.com/nous-vos-mondes/">tout le temps</a> ;-) mais, là encore, j&rsquo;ai trouvé ce titre terriblement signifiant : “<em>parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent.</em>”</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;“&nbsp;<em>A <strong>ceux </strong>qui les subissent.</em>” <em>&nbsp;</em><br>Est-ce à dire que d&rsquo;autres ne sont pas concernés ? Que certains sont libres de tout déterminisme ? La parole est performative. Celle-ci,  derrière l&rsquo;apparence d&rsquo;un questionnement sur les déterminismes,  participe implicitement à les définir et les situer. Elle en réduit la portée et crée le lieu où ils s&rsquo;exercent (leur sens, leur direction).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle contient un postulat non dit :  <strong>seule<em> une partie</em>&nbsp;de la société&nbsp;fait l&rsquo;épreuve de ces déterminismes.&nbsp;&nbsp;</strong>Elle implique qu&rsquo;il y a aussi&#8230;. les autres. (assimilation système &#8211; individus). Ainsi nous ne serions pas de ceux, humains, qui ont  *tous*  à gagner de connaître ces conditionnements pour moins les subir ; mais soit de ceux qui les subissent, soit de ceux qui en sont épargnés. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir ou faire subir&#8230; choisis ton camp&nbsp;!</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette formulation repose sur la même vision du monde — mais formulée d&rsquo;une posture oppositionnelle — que celle, symétrique, qu&rsquo;elle entend rectifier. Et sur la même hypothèse de l&rsquo;impossible éducabilité des « autres »&nbsp;(qui ne joue alors que sur un registre de « compétences » différent : ici la volonté, là le sens social, etc.). Autrement dit, les deux discours soutiennent une vision du monde identique.   </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une énonciation du problème qui pose problème, qui le contient et même l&rsquo;engendre. Elle participe à maintenir un <strong>paradigme de pensée de la société, une conception du monde</strong>,<strong> où ce qui fait problème résultant d&rsquo;une perspective partagée (non mise en doute), ne peut donc pas être résolu</strong>.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le discours méritocrate (« <em>quand on veut on peut, les déterminismes situationnels n&rsquo;existent pas, chacun est seul maître de son destin</em>« ) comme le discours fataliste (« <em>même quand on veut on ne peut pas car il existe des déterminismes ciblés, certains en sont les objets alors que d&rsquo;autres sont libres de tout déterminisme</em>« ) commettent tous deux un biais d&rsquo;attribution : ils privilégient une explication individuelle ou groupale et omettent de considérer les dépendances situationnelles dans leur universalité et leur transversalité.  <strong>Notre sensibilité à notre environnement et les raccourcis cognitifs que nous utilisons pour nous adapter sont pourtant quelque chose que nous partageons tous</strong> : il s&rsquo;agit juste de le savoir. </p>



<h3 class="wp-block-heading">La liberté comme dépassement</h3>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Je pense que la connaissance des lois sociales est la condition de toute transformation du monde social. Personne n’a jamais eu l’idée de reprocher à Galilée de détruire le rêve de vol ; c’est au contraire parce que Galilée a découvert la loi de la pesanteur que l’on a pu voler. </p><cite>Pierre Bourdieu (1983, « <a href="https://remue.net/cont/bourdieu02.html">A quoi sert le sociologue ?</a>« , rencontre à Saint-Amand les Eaux)</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">On peut reprendre ici la phrase de Bernard Lahire citée dans la tribune, inspirée de Bourdieu, tant elle est éclairante :  »&nbsp;<em>la compréhension des lois de la physique est précisément ce qui nous a permis d’inventer des avions, alors que nous sommes des animaux sans aile</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces déterminismes et ces biais que la sociologie et la psychologie sociale peuvent nous enseigner, <strong>nous les subissons *<em>tous</em>*</strong>. Comme les orages et les tremblements de terre, comme les lois de la physique, <strong>la société — l&rsquo;humanité toute entière — les subit</strong>.&nbsp;Leurs champs, leurs effets, leurs conséquences, directs ou indirects, sont bien <strong>universels</strong>, <strong>systémiques </strong>et <strong>collectifs</strong>.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">En douter, c&rsquo;est faire le déni d&rsquo;une même humanité. C&rsquo;est renoncer à faire société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi se reposer sur l&rsquo;impression paresseuse, sur<strong> l&rsquo;illusion </strong>confortable, que tout<strong> ce qui n&rsquo;est pas mesuré ou mesurable, comparé ou comparable, perceptible ou perçu, compréhensible ou compris, n&rsquo;existe pas</strong>.  <em>Ce n&rsquo;est pas parce que vous ne voyez pas ou ne savez pas ou pas encore évaluer ou énoncer ce que d&rsquo;autres en subissent, ce que la « totalité » en subit, qu&rsquo;ils n&rsquo;en subissent ou que cela n&rsquo;est&#8230; rien.  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est enfin assimiler dans une même pensée le système et les individus qui le composent : cela réduit et fige la conscience et le pouvoir réflexif dont ils disposeront, globalement sur le système en tant que système et individuellement en tant qu&rsquo;agent du système. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> Quand un jeune paysan, devant un coucher de soleil, ne sait s’il doit croire la parole de son maître d’école qui lui assure que la chute du jour est due à un mouvement de la terre et non du soleil, ou le témoignage de ses sens qui lui dit le contraire, dans ce cas, il n’y a qu’un seul rayon imitatif, qui, par son maître d’école, le rattache à Galilée. N’importe, cela suffit pour que son hésitation, son opposition interne et individuelle, soit sociale par sa cause. </p><cite>Gabriel Tarde (Les lois sociales. Esquisse d&rsquo;une sociologie)</cite></blockquote>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons donc tous et tout à gagner d&rsquo;une meilleure connaissance (dont les modes d&rsquo;élaboration sont un autre sujet, qui mérite un billet à part entière !) des déterminismes sociaux — pas seulement ceux qui nous concernent, nous, à un instant t— et des biais cognitifs (identification, évaluation, analyse, interprétation, correction&#8230;) avec lesquels ils s&rsquo;articulent.     </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je rejoins ainsi les points de vue exprimés en conclusion de la tribune sur l&rsquo;enjeu qu&rsquo;il y a, par leur connaissance, à restaurer et <strong>élever cette liberté</strong>, étant entendu qu&rsquo;il importe de<strong> l&rsquo;aborder dans une vision holiste</strong>, moins réductrice que celle fréquemment exprimée : car cette nécessité ne vaut pas seulement pour tel ou tel, en tel référentiel limitatif (contexte, instant) mais bien <strong>pour tous</strong>, dans une conception trans-situationnelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>C&rsquo;est l&rsquo;habitus qui constitue la situation, c&rsquo;est la situation qui constitue l&rsquo;habitus. </strong></p><cite>Pierre Bourdieu</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pertinence scientifique de ce contenu n&rsquo;est évidemment pas en cause, mais, s&rsquo;il était question de marketing, voilà un nom que Madame Irma ne renierait pas pour&#8230; un outil divinatoire ! ;-) </em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1200" height="900" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1200x900.jpg" alt="" class="wp-image-7917" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1200x900.jpg 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-300x225.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-768x576.jpg 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1536x1152.jpg 1536w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-2048x1536.jpg 2048w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>Table des destinée. SES Tle ES éd. 2015 (Magnard)<br><br> </figcaption></figure>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/dire-les-determinismes/">Dire les déterminismes ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<item>
		<title>Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</title>
		<link>https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Dec 2010 17:21:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Google a lancé en début de mois aux US sa librairie en ligne Google eBooks : en France, sa relation avec les éditeurs (sauf Hachette) et les pouvoirs publics est connue pour n&#8217;être pas au beau fixe. Aujourd&#8217;hui, Google prétend aussi pouvoir se servir de son fond numérisé de plus de 5 millions de livres, [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/">Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Google a lancé en début de mois aux US sa librairie en ligne <a href="http://books.google.com/ebooks">Google eBooks</a> : en France, sa relation avec les éditeurs (sauf Hachette) et les pouvoirs publics est connue pour n&rsquo;être pas au beau fixe. Aujourd&rsquo;hui, Google prétend aussi pouvoir se servir de son fond numérisé de plus de 5 millions de livres, pour explorer les sciences humaines.</p>
<p>L&rsquo;enjeu derrière l&rsquo;édition numérique, et le rôle leader que Google veut s&rsquo;y donner, est à double échelle.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas juste de <strong>« mettre la culture à la portée de tous »</strong> : permettre à Monsieur (ou Madame) Tout le Monde de consulter de son fauteuil 3 millions de livres, même <a href="http://chs75.chs.harvard.edu/manuscripts/image-viewer?folio=12r&amp;ms=msA&amp;image=">ce manuscrit du XXe siècle</a> contenant des scholies écrites 15 siècles plus tôt et relatives à des textes déjà antérieurs de 5 siècles (<em>source blog Google</em>).</p>
<p>Il s&rsquo;agit aussi de <strong>créer et centraliser les outils et services qui vont permettre d&rsquo;analyser cette culture.</strong> Explorer les tendances culturelles. C&rsquo;est ce que vise l&rsquo;outil lab <strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/">Ngram Viewer</a></strong>, grâce à ces <strong>5.200.000 livres déjà numérisés : 4% de tous les ouvrages jamais imprimés</strong> <strong>dans le monde</strong> .</p>
<p><span id="more-937"></span></p>
<p>Google avait initié il y a quelques mois un <a href="http://googleblog.blogspot.com/2010/07/our-commitment-to-digital-humanities.html">programme</a> d&rsquo;encouragement à exploiter la richesse de son fonds numérisé. Cet article <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/12/17/culturomics-comprendre-les-lois-de-la-culture/">d&rsquo;Hubert Guillaud sur le Monde</a>, qui en présente quelques projets, vous montrera plus largement en quoi les « <strong>digital humanities</strong> » (les pratiques des sciences humaines et sociales, en interaction avec les données, la documentation et l&rsquo;édition numérique) sont le pan émergent des sciences humaines, auquel la performance des technologies apporte usages et éclairages nouveaux.</p>
<p><strong>« <a href="http://www.culturomics.org/">Culturomics</a> » (culture + genomics), </strong>mot-valise imaginé par l&rsquo;équipe, désigne un projet initié par Google dans ce cadre d&rsquo;actions. L&rsquo;article fondateur <a href="http://www.sciencemag.org/content/early/2010/12/15/science.1199644">publié dans Science</a>, explique comment cette volumétrie autorise une approche qui étend le champ de l&rsquo;analyse quantitative à des phénomènes relevant des sciences humaines et sociales. C&rsquo;est dans ce cadre que s&rsquo;inscrit le service Ngram Viewer.</p>
<p><strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/"> </a></strong></p>
<h2>Ngrams, le plus grand corpus de tous les temps : 500 milliards de mots</h2>
<p>Pour l&rsquo;utilisateur néophyte, <a href="http://ngrams.googlelabs.com/">Ngram </a>est un outil sympa, avec une interface simplificatrice. <strong>Vous saisissez de 1 à 5 mots et observez leur évolution d&rsquo;usage au fil du temps </strong>(de 1800 à 2008), en fonction de leur occurrence dans les ouvrages numérisés. Ça peut aider à <a href="http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=guerre&amp;year_start=1800&amp;year_end=2008&amp;corpus=7&amp;smoothing=3">réinventer la roue</a> (ou bien au contraire <a href="http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=roue&amp;year_start=1800&amp;year_end=2008&amp;corpus=7&amp;smoothing=3">à moins s&rsquo;en soucier</a> !)</p>
<p>On y découvre par exemple que le monde change décidément beaucoup, et de plus en plus vite !</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-958" title="28-12-2010 15-09-29" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-300x118.png" alt="" width="300" height="118" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-300x118.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-768x302.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29.png 912w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Mais ses préoccupations jusqu&rsquo;ici nous rassurent, plutôt :D</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-22-12.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-965" title="28-12-2010 16-22-12" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-22-12-300x113.png" alt="" width="300" height="113" /></a></p>
<p>Il y a des essais amusants à faire sur l&rsquo;évolution des réseaux, je vous en livre au hasard un que j&rsquo;ai trouvé assez joli (testez aussi les occurrences du mot « network / réseau »)</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-34-38.png" target="_blank" rel="noopener"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-967" title="28-12-2010 16-34-38" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-34-38-300x115.png" alt="" width="300" height="115" /></a></p>
<p>Et il n&rsquo;est pas inintéressant d&rsquo;observer aussi les formes de perception du « savoir », celles analytiques devant fatalement prendre le pas sur celles consolidées. Quand on vous dit que le « par cœur » à l&rsquo;école ne saura bientôt plus où donner de la tête, avec cette masse de données. ;)</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-974" title="28-12-2010 17-57-18" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-300x115.png" alt="" width="300" height="115" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-300x115.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-768x295.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18.png 918w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Comme l&rsquo;explique <a href="http://www.boingboing.net/2010/12/16/data-mining-the-inte.html">Boing-boing</a>,<strong> les chercheurs ont pu ainsi faire émerger des modèles et hypothèses réellement intéressants</strong>. Les mentions des années (vous pouvez facilement reproduire cette observation, qui dessine un très beau modèle), ou celles des inventions, questionnent sur notre propension à oublier de plus en plus vite notre passé (la demi-vie des courbes est de plus en plus brève) et à ancrer de plus en plus vite et facilement notre futur.</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-972" title="28-12-2010 17-40-37" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-300x122.png" alt="" width="300" height="122" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-300x122.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-768x313.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37.png 915w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<h2>Une fiabilité imparfaite, mais des données ouvertes</h2>
<p>Du point de vue du spécialiste, en revanche, l&rsquo;outil est loin de la perfection.</p>
<p>La <strong>faible qualité de l&rsquo;OCR</strong> (reconnaissance des caractères : confusion par exemple entre le s long &#8211; ancienne forme du s minuscule &#8211; et le f) est notamment en cause : et pour avoir décrypté pas mal de documents anciens &#8211; et l&rsquo;avis est celui de tous les spécialistes ici et là sur Internet -, c&rsquo;est un handicap de taille.</p>
<p>Sans compter des <strong>biais dus aux erreurs de datations</strong>, un certain <strong>« bruit » provoqué par les rééditions</strong> d&rsquo;ouvrages, etc.  Si vous voulez approfondir les faiblesses du corpus, vous trouverez <a href="http://corpus.byu.edu/coha/compare-culturomics.asp">ici un comparatif avisé avec le COHA (Corpus of Historical American English)</a>.</p>
<p>En bref, la donnée est là, mais sa faculté d&rsquo;exploitation laisse encore à désirer. :)</p>
<p>Mais la démarche à retenir, est l&rsquo;inscription dans la tendance de « libération des données » (<em>Cf. <a href="http://www.ted.com/talks/tim_berners_lee_on_the_next_web.html">raw datas now</a>, intervention de Tim Berners Lee, inventeur d&rsquo;Internet) </em>: la <strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/datasets">libre mise à disposition du public et des chercheurs d&rsquo;un corpus d&rsquo;une taille phénoménale</a></strong>.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas ici livré « brut », mais sous la forme de ses <strong>n-grammes </strong>(les séquences de n mots consécutifs, n de 1 à 5). Mais comme le relève <a href="http://alatoisondor.wordpress.com/2010/12/20/google-ngram-viewer-un-extraordinaire-corpus-mais/">Rémi Mathis</a>, le tout est placé sous la licence Creative Commons BY, la plus ouverte, ce qui encourage les initiatives innovantes, y compris commerciales, qui sauraient tirer parti de cette mine d&rsquo;informations.</p>
<p>Reste à savoir ce que pensent les chercheurs en sciences sociales de cette « dépendance » à Google : bénéfice ou contrainte ?</p>
<h2>Peut-on quantifier l&rsquo;humain ?</h2>
<p>On s&rsquo;attend à peu d&rsquo;affinités et beaucoup de craintes, avec ce type d&rsquo;approche : on touche à « l&rsquo;humain ».</p>
<p>Mais de même qu&rsquo;au quotidien on l&rsquo;observe par exemple, pour le data-journalisme (qui fait travailler main dans la main journalistes et statisticiens, infographistes, développeurs&#8230;), Internet semble avoir décidément cette faculté à décloisonner les spécialités, et à rapprocher les geeks&#8230; et les autres.</p>
<p>Comme <a href="http://www.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory">Chris Anderson</a> l&rsquo;expliquait il y a quelques mois, <strong>le déluge de données va bouleverser l&rsquo;approche et la méthode scientifiques</strong>. La corrélation (le lien transversal) est en train de trouver sa valeur face à la causalité. (J&rsquo;en reparlerai dans un prochain billet, mais on voit d&rsquo;ailleurs de plus en plus clairement, tomber les frontières entre les disciplines, s&rsquo;effacer « l&rsquo;effet de silo » qui a compartimenté les sciences, l&rsquo;académisme, l&rsquo;enseignement&#8230;)</p>
<p>Les spécialistes en sciences humaines, les historiens, interrogés par <a href="http://www.nytimes.com/2010/11/17/arts/17digital.html?_r=2&amp;pagewanted=all">Patricia Cohen pour le New York Times</a>, y voient surtout des <strong>potentialités de développement</strong> : l&rsquo;émergence de nouvelles caractéristiques, sources d&rsquo;études, de nouveaux questionnements, sujets de recherches&#8230;</p>
<p>Le risque pour eux ne repose pas tant sur la quantification des données, que sur <strong>la qualité de l&rsquo;interprétation</strong> et de l&rsquo;usage : elle est affaire d&rsquo;humains, et de professionnels (prudence évidemment avec le genre de tentatives ludiques comme ci-dessus !). Et il est à parier que ces données, ces outils, vont justement leur apporter sinon un matériau nouveau, du moins <strong>un angle d&rsquo;attaque inédit jusqu&rsquo;ici, et encore inconcevable il y a peu.</strong></p>
<p>Mais je vous invite aussi à lire le <a href="http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/12/culturonomics-juste-une-question-de-corpus-.html">billet d&rsquo;Olivier Ertzscheid sur Affordance</a>, qui en interrogeant sur la <a href="http://www.google.com/search?hl=fr&amp;safe=off&amp;client=firefox-a&amp;hs=GUx&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;defl=fr&amp;q=define:Corpus&amp;sa=X&amp;ei=bwoaTd2JDsT_4AbWw6SGAg&amp;ved=0CBYQkAE">notion de corpus</a>, notamment sous l&rsquo;angle du droit, et en rapprochant ce corpus linguistique du <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/16/facebook-automatise-la-reconnaissance-faciale_1454541_651865.html">corpus social de Facebook</a>, éclaire aussi très bien les dimensions vertigineuses prises par ce jeu de l&rsquo;apprenti sorcier.</p>
<p>Tout cela revient à dé-re-matérialiser, à une autre échelle, ce qui est du domaine du culturel, immatériel : <strong>l&rsquo;intelligence humaine en train de se corporifier&#8230; dans les mains de qui ?<br />
</strong></p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/">Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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