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	<title>Archives des sciences sociales - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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	<description>Mutations sociétales et transformations numériques</description>
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	<title>Archives des sciences sociales - Blog-notes | Corinne Dangas</title>
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		<title>Le complexe de Superman tue, mais il ne tue pas le risque.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Mar 2020 14:00:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Derrière nombre de constructions complexes contemporaines, organisationnelles, systèmes théoriques, culturels, institutionnels, politiques ou fonctionnels hautement élaborés, lorsque vous les approfondissez et les explorez, se dissimule souvent, en toute dernière instance, un extra-ordinaire manque de lucidité sur leur commune humanité, sur leur propre fragilité et la portée réelle de leur courage, de certains hommes ou femmes. [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/le-complexe-de-superman-tue-mais-il-ne-tue-pas-le-risque/">Le complexe de Superman tue, mais il ne tue pas le risque.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Derrière nombre de constructions complexes contemporaines, organisationnelles, systèmes théoriques, culturels, institutionnels, politiques ou fonctionnels hautement élaborés,  lorsque vous les approfondissez et les explorez,  se dissimule souvent, en toute dernière instance, un extra-ordinaire <strong>manque de lucidité sur leur commune humanité</strong>, sur leur propre fragilité et la portée réelle de leur courage, de certains hommes ou femmes. </p>



<h2 class="wp-block-heading">A l&rsquo;école du risque individuel&#8230;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour s&rsquo;épargner la peur de leur propre lendemain, pour fuir toute réalité actuelle de sueur, de sang et de larmes, d&rsquo;aucuns vont user d&rsquo;échappatoires et de contournements <em><strong>inconscients</strong></em>, au nom du lendemain des autres (individus, groupes sociaux, organisations, société)<em><strong> </strong></em>: <strong>ils en projettent la menace dans le futur d&rsquo;autrui.</strong> Menace qu&rsquo;ils monnaient toujours au prix premier de <strong>leur propre réassurance</strong>, de la<strong> garantie de leur propre sécurité</strong>. <br><br>Derrière des apparences solides et consistantes,  le discours sur le risque, l&rsquo;exhortation à la prise de risques, vont ainsi rarement de paire avec l&rsquo;expérience, l&rsquo;épreuve de la chair et l&rsquo;exposition individuelle réelle — constante et réitérée, voire cumulative — aux dits risques (danger vital, atteintes à l&rsquo;intégrité physique ou psychique, pauvreté, misère, exclusion sociale et économique, précarité&#8230;). Quand ils ne s&rsquo;adossent pas à leur complète méconnaissance. Armures d&rsquo;illusions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&#8230; le sens du risque collectif</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ces super-héros et demi-dieux modernes, il est douloureux, intolérable ou impossible de se représenter et d&rsquo;accepter ce qui fait d&rsquo;eux des hommes très ordinaires : la peur, la faiblesse, la honte, le doute, le non savoir, inhérents à la condition humaine. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Rendus ou devenus <strong>incapables de reconnaître la vulnérabilité qu&rsquo;ils partagent avec tout autre humain</strong>, c&rsquo;est par inaptitude ou méconnaissance qu&rsquo;ils pèchent, plus souvent encore que par malveillance ou cruauté. Puisqu&rsquo;ils sont <strong>aveugles à leur propre vulnérabilité, ils ne peuvent pas l&rsquo;établir en tant qu&rsquo;objet <em>commun </em>de dépassement :  virtualités à surmonter, </strong> <strong>menaces à combattre ensemble, ultimes défis de la fraternité.  </strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-text-color has-background has-very-light-gray-background-color has-very-light-gray-color"/>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="691" height="1024" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2020/03/superman-rotated.jpg" alt="" class="wp-image-8458"/><figcaption>Superman in Berlin by <a href="https://flic.kr/p/AuMig9">Petrus </a>on Flickr (CC BY-NC-ND 2.0) </figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/le-complexe-de-superman-tue-mais-il-ne-tue-pas-le-risque/">Le complexe de Superman tue, mais il ne tue pas le risque.</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>Dire les déterminismes ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 00:01:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que la France ne trouve pas la voie de la réduction du poids des origines sociales dans les destinées scolaires (OCDE, synthèse PISA 2018 France), une tribune de&#160;Rachid Zerrouki&#160;sur Libération interroge : “ Faut-il parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent ? ” &#160; La réponse est&#8230; dans la question ! Je [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/dire-les-determinismes/">Dire les déterminismes ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Alors que la France ne trouve pas la voie de la réduction du poids des origines sociales dans les destinées scolaires (OCDE, synthèse <a href="https://www.oecd.org/pisa/publications/PISA2018_CN_FRA_FRE.pdf">PISA 2018</a> France), une <a href="https://www.liberation.fr/debats/2019/12/10/faut-il-parler-des-determinismes-sociaux-aux-jeunes-qui-les-subissent_1768408?fbclid=IwAR3AVtoWpAr37H7jik0CJ9k-cMGAVyi3sWJ_l9Ng0NpP9T4WMS7x81ZpYXU">tribune de&nbsp;Rachid Zerrouki&nbsp;sur Libération</a> interroge :  “ <em>Faut-il parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent ? </em>” &nbsp;</p>



<h3 class="wp-block-heading">La réponse est&#8230; dans la question !</h3>



<p class="wp-block-paragraph"> Je le dis <a href="http://dangas.com/nous-vos-mondes/">tout le temps</a> ;-) mais, là encore, j&rsquo;ai trouvé ce titre terriblement signifiant : “<em>parler des déterminismes sociaux à ceux qui les subissent.</em>”</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;“&nbsp;<em>A <strong>ceux </strong>qui les subissent.</em>” <em>&nbsp;</em><br>Est-ce à dire que d&rsquo;autres ne sont pas concernés ? Que certains sont libres de tout déterminisme ? La parole est performative. Celle-ci,  derrière l&rsquo;apparence d&rsquo;un questionnement sur les déterminismes,  participe implicitement à les définir et les situer. Elle en réduit la portée et crée le lieu où ils s&rsquo;exercent (leur sens, leur direction).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle contient un postulat non dit :  <strong>seule<em> une partie</em>&nbsp;de la société&nbsp;fait l&rsquo;épreuve de ces déterminismes.&nbsp;&nbsp;</strong>Elle implique qu&rsquo;il y a aussi&#8230;. les autres. (assimilation système &#8211; individus). Ainsi nous ne serions pas de ceux, humains, qui ont  *tous*  à gagner de connaître ces conditionnements pour moins les subir ; mais soit de ceux qui les subissent, soit de ceux qui en sont épargnés. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Subir ou faire subir&#8230; choisis ton camp&nbsp;!</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cette formulation repose sur la même vision du monde — mais formulée d&rsquo;une posture oppositionnelle — que celle, symétrique, qu&rsquo;elle entend rectifier. Et sur la même hypothèse de l&rsquo;impossible éducabilité des « autres »&nbsp;(qui ne joue alors que sur un registre de « compétences » différent : ici la volonté, là le sens social, etc.). Autrement dit, les deux discours soutiennent une vision du monde identique.   </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une énonciation du problème qui pose problème, qui le contient et même l&rsquo;engendre. Elle participe à maintenir un <strong>paradigme de pensée de la société, une conception du monde</strong>,<strong> où ce qui fait problème résultant d&rsquo;une perspective partagée (non mise en doute), ne peut donc pas être résolu</strong>.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, le discours méritocrate (« <em>quand on veut on peut, les déterminismes situationnels n&rsquo;existent pas, chacun est seul maître de son destin</em>« ) comme le discours fataliste (« <em>même quand on veut on ne peut pas car il existe des déterminismes ciblés, certains en sont les objets alors que d&rsquo;autres sont libres de tout déterminisme</em>« ) commettent tous deux un biais d&rsquo;attribution : ils privilégient une explication individuelle ou groupale et omettent de considérer les dépendances situationnelles dans leur universalité et leur transversalité.  <strong>Notre sensibilité à notre environnement et les raccourcis cognitifs que nous utilisons pour nous adapter sont pourtant quelque chose que nous partageons tous</strong> : il s&rsquo;agit juste de le savoir. </p>



<h3 class="wp-block-heading">La liberté comme dépassement</h3>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>Je pense que la connaissance des lois sociales est la condition de toute transformation du monde social. Personne n’a jamais eu l’idée de reprocher à Galilée de détruire le rêve de vol ; c’est au contraire parce que Galilée a découvert la loi de la pesanteur que l’on a pu voler. </p><cite>Pierre Bourdieu (1983, « <a href="https://remue.net/cont/bourdieu02.html">A quoi sert le sociologue ?</a>« , rencontre à Saint-Amand les Eaux)</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">On peut reprendre ici la phrase de Bernard Lahire citée dans la tribune, inspirée de Bourdieu, tant elle est éclairante :  »&nbsp;<em>la compréhension des lois de la physique est précisément ce qui nous a permis d’inventer des avions, alors que nous sommes des animaux sans aile</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces déterminismes et ces biais que la sociologie et la psychologie sociale peuvent nous enseigner, <strong>nous les subissons *<em>tous</em>*</strong>. Comme les orages et les tremblements de terre, comme les lois de la physique, <strong>la société — l&rsquo;humanité toute entière — les subit</strong>.&nbsp;Leurs champs, leurs effets, leurs conséquences, directs ou indirects, sont bien <strong>universels</strong>, <strong>systémiques </strong>et <strong>collectifs</strong>.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">En douter, c&rsquo;est faire le déni d&rsquo;une même humanité. C&rsquo;est renoncer à faire société. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est aussi se reposer sur l&rsquo;impression paresseuse, sur<strong> l&rsquo;illusion </strong>confortable, que tout<strong> ce qui n&rsquo;est pas mesuré ou mesurable, comparé ou comparable, perceptible ou perçu, compréhensible ou compris, n&rsquo;existe pas</strong>.  <em>Ce n&rsquo;est pas parce que vous ne voyez pas ou ne savez pas ou pas encore évaluer ou énoncer ce que d&rsquo;autres en subissent, ce que la « totalité » en subit, qu&rsquo;ils n&rsquo;en subissent ou que cela n&rsquo;est&#8230; rien.  </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est enfin assimiler dans une même pensée le système et les individus qui le composent : cela réduit et fige la conscience et le pouvoir réflexif dont ils disposeront, globalement sur le système en tant que système et individuellement en tant qu&rsquo;agent du système. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> Quand un jeune paysan, devant un coucher de soleil, ne sait s’il doit croire la parole de son maître d’école qui lui assure que la chute du jour est due à un mouvement de la terre et non du soleil, ou le témoignage de ses sens qui lui dit le contraire, dans ce cas, il n’y a qu’un seul rayon imitatif, qui, par son maître d’école, le rattache à Galilée. N’importe, cela suffit pour que son hésitation, son opposition interne et individuelle, soit sociale par sa cause. </p><cite>Gabriel Tarde (Les lois sociales. Esquisse d&rsquo;une sociologie)</cite></blockquote>



<hr class="wp-block-separator"/>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons donc tous et tout à gagner d&rsquo;une meilleure connaissance (dont les modes d&rsquo;élaboration sont un autre sujet, qui mérite un billet à part entière !) des déterminismes sociaux — pas seulement ceux qui nous concernent, nous, à un instant t— et des biais cognitifs (identification, évaluation, analyse, interprétation, correction&#8230;) avec lesquels ils s&rsquo;articulent.     </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je rejoins ainsi les points de vue exprimés en conclusion de la tribune sur l&rsquo;enjeu qu&rsquo;il y a, par leur connaissance, à restaurer et <strong>élever cette liberté</strong>, étant entendu qu&rsquo;il importe de<strong> l&rsquo;aborder dans une vision holiste</strong>, moins réductrice que celle fréquemment exprimée : car cette nécessité ne vaut pas seulement pour tel ou tel, en tel référentiel limitatif (contexte, instant) mais bien <strong>pour tous</strong>, dans une conception trans-situationnelle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>C&rsquo;est l&rsquo;habitus qui constitue la situation, c&rsquo;est la situation qui constitue l&rsquo;habitus. </strong></p><cite>Pierre Bourdieu</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pertinence scientifique de ce contenu n&rsquo;est évidemment pas en cause, mais, s&rsquo;il était question de marketing, voilà un nom que Madame Irma ne renierait pas pour&#8230; un outil divinatoire ! ;-) </em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="900" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1200x900.jpg" alt="" class="wp-image-7917" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1200x900.jpg 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-300x225.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-768x576.jpg 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-1536x1152.jpg 1536w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123-2048x1536.jpg 2048w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2019/12/table-de-destinée-scaled-e1576107645123.jpg 1920w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption>Table des destinée. SES Tle ES éd. 2015 (Magnard)<br><br> </figcaption></figure>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/dire-les-determinismes/">Dire les déterminismes ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>Prévoir l&#8217;avenir a-t-il un sens ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 11:46:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Prévoir le futur est confortant et rassurant. Humain. Un Sens collectif auquel combiner le Sens individuel, pour faire notre contribution au Tout. C&#8217;est aussi assez peu utile. (on se trompe beaucoup : manque incommensurable de données) C&#8217;est en le faisant, qu&#8217;on crée l&#8217;avenir. Gigantesque puzzle dont nous, ou d&#8217;autres, placerons les pièces. Prévoir permet de [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/prevoir-lavenir-a-t-il-un-sens/">Prévoir l&rsquo;avenir a-t-il un sens ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Prévoir le futur est confortant et rassurant. Humain. Un Sens collectif auquel combiner le Sens individuel, pour faire notre contribution au Tout.</p>
<p>C&rsquo;est aussi assez peu utile. (on se trompe beaucoup : manque incommensurable de données) <span id="more-3320"></span></p>
<p>C&rsquo;est en le faisant, qu&rsquo;on crée l&rsquo;avenir. Gigantesque puzzle dont nous, ou d&rsquo;autres, placerons les pièces.</p>
<p>Prévoir permet de les placer plus vite, plus rationnellement.</p>
<p>(Ou pas.)</p>
<p> </p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2012/01/recursivechessboard.jpg" alt="" class="wp-image-7495" width="768" height="739" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2012/01/recursivechessboard.jpg 1024w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2012/01/recursivechessboard-300x289.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2012/01/recursivechessboard-768x739.jpg 768w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Recursive Chessboard par Gadl sur Flickr. Licence CC BY-SA 2.0</figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/prevoir-lavenir-a-t-il-un-sens/">Prévoir l&rsquo;avenir a-t-il un sens ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>De la marchandisation au relationnel, nous passerons de la planète financière à la planète sociale</title>
		<link>https://dangas.com/de-la-marchandisation-au-relationnel-nous-passerons-de-la-planete-financiere-a-la-planete-sociale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 15:02:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avez-vous lu cette tribune d&#8217;Anselm Jappe, philosophe, « L&#8217;argent est-il devenu obsolète ? » publiée cette semaine sur LeMonde.fr ? Je partage complètement cet angle de vue car la mondialisation, réalisée de faits, fait aujourd&#8217;hui toucher nos systèmes à leurs limites « spatiales », ce qui suppose nécessairement, mécaniquement, sous peine de rupture de l&#8217;intérieur, de repositionner dans un référentiel [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/de-la-marchandisation-au-relationnel-nous-passerons-de-la-planete-financiere-a-la-planete-sociale/">De la marchandisation au relationnel, nous passerons de la planète financière à la planète sociale</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avez-vous lu cette tribune d&rsquo;Anselm Jappe, philosophe, « <a title="L'argent est-il devenu obsolète ?" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/31/l-argent-est-il-devenu-obsolete_1596430_3232.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">L&rsquo;argent est-il devenu obsolète ? »</a> publiée cette semaine sur LeMonde.fr ? Je partage complètement cet angle de vue car la mondialisation, réalisée de faits, fait aujourd&rsquo;hui toucher nos systèmes à leurs limites « spatiales », ce qui suppose nécessairement, mécaniquement, sous peine de rupture de l&rsquo;intérieur, de repositionner dans un référentiel plus large le rôle pilote qu&rsquo;y tenait l&rsquo;argent.</p>
<p>Dans un marché total, de « fin en soi », l&rsquo;argent ne peut qu&rsquo;au pire disparaître, au mieux redevenir simple « moyen », outil facilitateur d&rsquo;échanges des biens et services produits, au service d&rsquo;un enjeu supérieur :<span id="more-2635"></span></p>
<ul>
<li style="margin-bottom: 15px;">Enjeu supérieur qui est <strong>le bien-être de l&rsquo;humanité</strong> : entendue sous une acception nouvelle car, pour la première fois de son histoire, prise (d&rsquo;un point de vue très pratique et par delà toutes formes de clivages) dans sa réelle entièreté.</li>
<li style="margin-bottom: 15px;">Enjeu supérieur qui est <strong>l&rsquo;équité sociale entre chacun des habitants de la planète</strong>, jusqu&rsquo;au 7 milliardième né hier (moi je suis sensiblement <a href="http://www.bbc.co.uk/news/world-15391515" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le 3.718.947.079 ème terrien, et vous</a> ? :-) )</li>
<li>Et enjeu supérieur, surtout, que nous allons devoir dans les années à venir <strong>apprendre à « résoudre »</strong>, avec ou sans argent, mais <strong>différemment</strong> de tout ce que nous avons développé jusqu&rsquo;ici.</li>
</ul>
<p>Une organisation ne peut pas poursuivre deux buts concomitants. <strong>La stratégie de l&rsquo;humanité est son propre équilibre, son évolution, son développement : pas de produire de l&rsquo;argent.</strong></p>
<p>L&rsquo;objectif planétaire à atteindre est <strong>une distribution équitable de la valeur</strong> globale (et à l&rsquo;ère numérique elle sera toujours plus produite par des systèmes autonomes et non juste par le travail humain). Mais <strong>cette valeur se mesure en bien-être, en accès aux biens et services</strong> : nous sommes à l&rsquo;aube de comprendre que la monnaie n&rsquo;est qu&rsquo;un outil de mesure et un moyen, un parmi d&rsquo;autres peut-être, d&rsquo;y parvenir.</p>
<p>« <em>Le travail n&rsquo;est pas une marchandise</em> » était le tout premier postulat de la <a title="Déclaration de Philadelphie" href="http://www.aidh.org/Biblio/Text_fondat/OIT_01.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Déclaration de Philadelphie</a>, adoptée à la libération et que l&rsquo;histoire a occultée derrière les accords financiers de Bretton Woods, dont elle était d&rsquo;une certaine façon le pendant social : voyez le symptôme des temps ! (<em>Lisez à ce propos <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/311011/la-menace-d-un-krach-social-planetaire?page_article=3" target="_blank" rel="noopener noreferrer">cet article de Mediapart</a> paru hier qui reprend notamment les termes d&rsquo;un livre de 2010 d&rsquo;Alain Supiot <a href="http://www.mediapart.fr/journal/france/290110/justice-sociale-le-manifeste-de-lapres-guerre-aux-oubliettes" target="_blank" rel="noopener noreferrer">« L&rsquo;Esprit de Philadelphie &#8211; La justice sociale face au marché total ».</a></em>)</p>
<p>Les illusions et mirages à transcender pour <strong>changer de référentiel, passer du « financier » au « social »</strong> et imprégner tous nos modes opératoires de ces valeurs refondatrices, sont ceux qui ont conduit les esprits brillants mais égarés ou bien mal guidés que sont les traders, à poursuivre leur sens&#8230; jusqu&rsquo;à perdre le bon sens ! (<em>Vous allez dire que je radote, mais voilà aussi un effet de formations hyper structurées et de très grande hauteur, car elles *sont* délivreuses de sens : mais insuffisamment pourvues en proportion des mêmes fondements environnementaux, individuels, spirituels, créatifs, éthiques&#8230;</em>)</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, les états, la planète entière, vivent au rythme des communiqués des agences de notation. Demain, le défi que nous allons devoir relever est <strong>de dessiner des voies et inventer des mécanismes régulateurs capables de réaliser l&rsquo;équité sociale</strong> à travers un monde devenu en quelques décennies si petit.</p>
<p>Nous le ferons avec les technologies de l&rsquo;information, et avec ou sans l&rsquo;argent tel que pratiqué aujourd&rsquo;hui. Mais, quoi qu&rsquo;il en soit, je crois surtout que nous devrons y éviter l&rsquo;erreur qui (c&rsquo;est vrai dans toute organisation) consiste à mener une logique à son extrême absurdité, et finir par <strong>confondre le moyen</strong> &#8211; l&rsquo;outil, l&rsquo;instrument de mesure, la mesure elle-même &#8211; <strong>avec la fin</strong> : qu&rsquo;en pensez-vous ?</p>
<div style="text-align: center;"> </div>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/11/dollar.jpg" alt="" class="wp-image-7568" width="640" height="640" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/11/dollar.jpg 640w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/11/dollar-150x150.jpg 150w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/11/dollar-300x300.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption> Dollar Sign in Space par <a href="http://www.flickr.com/photos/donkeyhotey/6144146778/">DonkeyHotey</a>, sur Flickr </figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/de-la-marchandisation-au-relationnel-nous-passerons-de-la-planete-financiere-a-la-planete-sociale/">De la marchandisation au relationnel, nous passerons de la planète financière à la planète sociale</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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			</item>
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		<title>L&#8217;empathie technologiquement enrichie : vers une humanité télépathe ?</title>
		<link>https://dangas.com/lempathie-technologiquement-enrichie-vers-une-humanite-telepathe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Oct 2011 11:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>D&#8217;ordinaire, si l&#8217;on vous parle « télépathie », vous traduisez « paranormal », irrationnel. (Enfin, considérons aussi avec modestie qu&#8217;à l&#8217;heure actuelle, une partie des mécanismes de l&#8217;empathie est encore au-delà de nos capacités d&#8217;analyse scientifique !) Mais la télépathie stricto sensu se définit comme l&#8217;échange à distance de pensées ou de sentiments. Rien de bien surnaturel là-dedans.  L&#8217;objet [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lempathie-technologiquement-enrichie-vers-une-humanite-telepathe/">L&#8217;empathie technologiquement enrichie : vers une humanité télépathe ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>D&rsquo;ordinaire, si l&rsquo;on vous parle « télépathie », vous traduisez « paranormal », irrationnel. (Enfin, considérons aussi avec modestie qu&rsquo;à l&rsquo;heure actuelle, une partie des mécanismes de l&#8217;empathie est encore au-delà de nos capacités d&rsquo;analyse scientifique !)</p>
<p>Mais la télépathie <em>stricto sensu</em> se définit comme <strong>l&rsquo;échange à distance de pensées ou de sentiments</strong>. Rien de bien surnaturel là-dedans. <span id="more-2353"></span></p>
<h3>L&rsquo;objet de la connexion, c&rsquo;est la télépathie.</h3>
<p>De façon caricaturale, aboutie, et tout à fait dénuée de pensée magique, <strong>la télépathie n&rsquo;est que l&#8217;empathie ultime</strong>. La captation contrôlée (sur commande), directe, absolue, de bonne qualité (non brouillée par nos propres schémas mentaux et émotionnels) et non intermédiée par un support physique limitant (structurant la forme et rationalisant le contenu) de ce que contient l&rsquo;esprit de l&rsquo;autre &#8211; et qui nous intéresse aussi -.</p>
<p>On a vu dans de précédents billets <a title="L’empathie, qualité clé d’une civilisation connectée" href="http://dangas.com/lempathie-qualite-cle-dune-civilisation-connectee/">l&rsquo;importance qu&rsquo;auront les qualités empathiques dans l&rsquo;avenir </a> d&rsquo;une humanité connectée, d&rsquo;une civilisation de l&rsquo;attention, où <a title="L’interaction humaine, de la « lecture » à la « connexion »." href="http://dangas.com/linteraction-humaine-de-la-lecture-a-la-connexion/">la connexion &#8211; relation devient prégnante</a>.</p>
<ul>
<li style="margin-bottom: 10px;">Les supports de l&rsquo;échange homme &#8211; homme sont en train de se dissoudre dans l&rsquo;environnement.</li>
<li style="margin-bottom: 10px;">La dématérialisation de nombreux biens et services, l&rsquo;élargissement de la robotique, à qui seront dévolues toujours plus d&rsquo;attributions créatrices de valeur, et des modèles économiques collaboratifs (partage, peer-to-peer, etc.), tous ces facteurs feront porter plus de poids sur la relation, sans doute plus que sur la transaction telle que pratiquée aujourd&rsquo;hui (au temps pour l&rsquo;avenir des systèmes financiers !)</li>
<li style="margin-bottom: 10px;">Et toute l&rsquo;importance de la relation tient évidemment au fait qu&rsquo;elle s&rsquo;exprimera désormais dans un référentiel élargi : le village planétaire.</li>
</ul>
<p><strong>La qualité de cette connexion &#8211; relation, reposera notamment sur la qualité empathique : comprendre l&rsquo;autre.</strong></p>
<p>Parallèlement, voyez comme se développent les tentatives d&rsquo;interconnexion entre la pensée humaine et les ordinateurs, ainsi qu&rsquo;également toutes les formes d&rsquo;expérimentations d&rsquo;enrichissement sensoriel, qui vont élargir le champ de ce que nous appelons aujourd&rsquo;hui bien prétentieusement « multimedia ». De nombreuses expériences explorent déjà ces voies avec succès :</p>
<ul>
<li style="margin-bottom: 10px;">Dans cet ancien billet je vous montrais une expérience de <a href="http://dangas.com/la-telepathie-2-0-le-brain-to-brain-via-bci/">télépathie 2.0</a> qui donnait une idée de ce que sont les interfaces brain-to-brain (cerveau ordinateur cerveau).</li>
<li style="margin-bottom: 10px;">Tout récemment, des scientifiques ont pu grâce à l&rsquo;IRM <a href="http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/09/27/des-scientifiques-sur-le-point-de-lire-dans-les-pensees-d-autrui_1578139_3244.html">modéliser et reproduire (de façon floue) des images mentales</a>. C&rsquo;est la voie ouverte à la conversion et l&rsquo;encodage de nos pensées, de nos rêves&#8230;!</li>
<li style="margin-bottom: 10px;">De même, les technologies peuvent enrichir nos sens ou se substituer à eux, comme <a href="http://www.tuxboard.com/femme-qui-entend-sa-voix-pour-la-premiere-fois/">ici cette jeune femme, sourde</a>, qui a entendu le son de sa voix pour la première fois à 29 ans.</li>
</ul>
<p><strong>Demain, vos facultés intellectuelles, vos sens, seront enrichis, complémentés, renforcés, connectés. </strong></p>
<p style="margin-top: 25px;">A son extrême, le croisement de ce rôle déterminant des facultés empathiques, et de leurs enrichissements technologiques, tendra donc probablement <strong>vers l&rsquo;émergence de propriétés télépathiques</strong>&#8230;bien réelles. Une empathie enrichie.</p>
<p>Imaginez-vous un monde où la relation instantanée à un autre humain nous permettra d&rsquo;intégrer en une seconde ce qui est dans son esprit&#8230; avant de se déconnecter et passer à un autre ! Civilisation du zapping de connexions et interconnexions&#8230; neuronales ?</p>
<p>Pas si vite, me direz-vous, c&rsquo;est de la science-fiction. Oui, mais si vous considérez l&rsquo;accélération des évolutions, cela viendra plus vite qu&rsquo;on ne le pense. Et reste que, sauf à supposer vivre sur Mars (et encore&#8230;), être c&rsquo;est communiquer : on <em>est </em>pour autrui, et l&rsquo;on <em>est </em>pour soi : à travers l&rsquo;autre. <strong>Nous n&rsquo;existons qu&rsquo;en relation à l&rsquo;autre.</strong> Et au XXIe siècle, ce devrait être de plus en plus vrai. Qu&rsquo;en pensez-vous ?</p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter"><img decoding="async" width="640" height="411" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/connected.jpg" alt="" class="wp-image-7590" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/connected.jpg 640w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/connected-300x193.jpg 300w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 640px" /><figcaption>Connected by <a href="https://flic.kr/p/ksS9o">Victoria BlackStone</a> on Flickr  (CC BY 2.0)</figcaption></figure></div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/lempathie-technologiquement-enrichie-vers-une-humanite-telepathe/">L&#8217;empathie technologiquement enrichie : vers une humanité télépathe ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>L&#8217;interaction humaine, de la « lecture » à la « connexion ».</title>
		<link>https://dangas.com/linteraction-humaine-de-la-lecture-a-la-connexion/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2011 12:35:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans les civilisations orales, les frontières de l&#8217;interaction étaient moins « marquées » (aux sens propre et figuré !) que dans la civilisation de l&#8217;écrit. Parler, écouter sont des façons de transporter la pensée de manière discontinue (en fragments) mais relativement décloisonnée (passage transversal continuel, transparent, d&#8217;un thème à l&#8217;autre). L&#8217;apparition de l&#8217;écriture, puis l&#8217;imprimerie, y ont [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/linteraction-humaine-de-la-lecture-a-la-connexion/">L&rsquo;interaction humaine, de la « lecture » à la « connexion ».</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les civilisations orales, les frontières de l&rsquo;interaction étaient moins « marquées » (aux sens propre et figuré !) que dans la civilisation de l&rsquo;écrit. <strong>Parler, écouter</strong> sont des façons de <strong>transporter la pensée</strong> de manière <strong>discontinue</strong> (en fragments) mais relativement <strong>décloisonnée </strong>(passage transversal continuel, transparent, d&rsquo;un thème à l&rsquo;autre).</p>
<p>L&rsquo;apparition de <strong>l&rsquo;écriture, puis l&rsquo;imprimerie</strong>, y ont apporté une notion de <strong>fermeture et de complétude</strong>, en <strong>matérialisant </strong>« l&rsquo;interface homme &#8211; homme » : un parchemin, un manuscrit, un livre, et même un media audiovisuel, sont limités dans l&rsquo;espace et le temps ; le savoir se « discipline » (par discipline !), les idées couchées noir sur blanc sont « non négociables », sans interactivité directe.</p>
<p><strong>Internet a réouvert ce champ</strong>, puisqu&rsquo;il casse ces frontières spatiales, temporelles, et que de nouveau apparaît un décloisonnement dans l&rsquo;échange de l&rsquo;information : civilisation du zapping, de la mobilité&#8230; et de la transdisciplinarité.<span id="more-2418"></span></p>
<p>Mais ce changement se fait à une échelle au-dessus de celle des cultures orales anciennes : non plus individuelle, mais globalisée. Changement de paradigme : nous assistons en direct-live à la phase 3 d&rsquo;un mouvement de structuration &#8211; développement <strong>du mode d&rsquo;organisation et de transport de la pensée humaine</strong>. Ce qui est en train d&rsquo;émerger, <strong>c&rsquo;est une meta-parole et une meta-écoute</strong>.</p>
<p>Le rapport « passant-par-le-message » de l&rsquo;individuel au culturel-collectif est bouleversé : il y perd une autonomie d&rsquo;existence qu&rsquo;il avait acquise. « Le message, c&rsquo;est le medium » : le support matériel se fragmente, se dissout de plus en plus dans l&rsquo;environnement, notamment dans toutes les différentes technologies qui nous entourent, demain (aujourd&rsquo;hui déjà) dans les objets, dans l&rsquo;homme-même.</p>
<p><strong>Du « message-entité » (l&rsquo;objet livre, par exemple), nous sommes en train de passer à la « connexion-relation ». Une connexion nue, sans atours ni artifices de supports, mais beaucoup plus élaborée : à quoi ressemblera-t-elle ?</strong><br />
<strong>Les interfaces homme-homme existent toujours dans des formes stables et connues (nous utilisons livres, ordinateurs, etc.) : mais pour combien de temps ?</strong></p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/1459055735_8121219fb4_o.jpg"><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-2424" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/1459055735_8121219fb4_o-300x241.jpg" alt="" width="500" height="401" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/1459055735_8121219fb4_o-300x241.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2011/10/1459055735_8121219fb4_o.jpg 737w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></a></p>
<div style="text-align: center;">
<p><small><b>« Communication » <a href="https://www.flickr.com/photos/dailypic/">by Joan M. Mas</a> <a title="Communication de DailyPic, sur Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/dailypic/1459055735/">DailyPic</a>, sur Flickr. (licence <a href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc/2.0/deed.en">CC BY-NC 2.0</a>)  : </b></small><small>Illustration for an article about communication and the Web 2.0. Watercolour blobs from a paint trial sheet, masked with one of my drawings —collected in the book <a href="http://thousand-heads.blogspot.com/">1000 Heads</a>. </small></p>
</div>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/linteraction-humaine-de-la-lecture-a-la-connexion/">L&rsquo;interaction humaine, de la « lecture » à la « connexion ».</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</title>
		<link>https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Dec 2010 17:21:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Google a lancé en début de mois aux US sa librairie en ligne Google eBooks : en France, sa relation avec les éditeurs (sauf Hachette) et les pouvoirs publics est connue pour n&#8217;être pas au beau fixe. Aujourd&#8217;hui, Google prétend aussi pouvoir se servir de son fond numérisé de plus de 5 millions de livres, [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/">Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Google a lancé en début de mois aux US sa librairie en ligne <a href="http://books.google.com/ebooks">Google eBooks</a> : en France, sa relation avec les éditeurs (sauf Hachette) et les pouvoirs publics est connue pour n&rsquo;être pas au beau fixe. Aujourd&rsquo;hui, Google prétend aussi pouvoir se servir de son fond numérisé de plus de 5 millions de livres, pour explorer les sciences humaines.</p>
<p>L&rsquo;enjeu derrière l&rsquo;édition numérique, et le rôle leader que Google veut s&rsquo;y donner, est à double échelle.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas juste de <strong>« mettre la culture à la portée de tous »</strong> : permettre à Monsieur (ou Madame) Tout le Monde de consulter de son fauteuil 3 millions de livres, même <a href="http://chs75.chs.harvard.edu/manuscripts/image-viewer?folio=12r&amp;ms=msA&amp;image=">ce manuscrit du XXe siècle</a> contenant des scholies écrites 15 siècles plus tôt et relatives à des textes déjà antérieurs de 5 siècles (<em>source blog Google</em>).</p>
<p>Il s&rsquo;agit aussi de <strong>créer et centraliser les outils et services qui vont permettre d&rsquo;analyser cette culture.</strong> Explorer les tendances culturelles. C&rsquo;est ce que vise l&rsquo;outil lab <strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/">Ngram Viewer</a></strong>, grâce à ces <strong>5.200.000 livres déjà numérisés : 4% de tous les ouvrages jamais imprimés</strong> <strong>dans le monde</strong> .</p>
<p><span id="more-937"></span></p>
<p>Google avait initié il y a quelques mois un <a href="http://googleblog.blogspot.com/2010/07/our-commitment-to-digital-humanities.html">programme</a> d&rsquo;encouragement à exploiter la richesse de son fonds numérisé. Cet article <a href="http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2010/12/17/culturomics-comprendre-les-lois-de-la-culture/">d&rsquo;Hubert Guillaud sur le Monde</a>, qui en présente quelques projets, vous montrera plus largement en quoi les « <strong>digital humanities</strong> » (les pratiques des sciences humaines et sociales, en interaction avec les données, la documentation et l&rsquo;édition numérique) sont le pan émergent des sciences humaines, auquel la performance des technologies apporte usages et éclairages nouveaux.</p>
<p><strong>« <a href="http://www.culturomics.org/">Culturomics</a> » (culture + genomics), </strong>mot-valise imaginé par l&rsquo;équipe, désigne un projet initié par Google dans ce cadre d&rsquo;actions. L&rsquo;article fondateur <a href="http://www.sciencemag.org/content/early/2010/12/15/science.1199644">publié dans Science</a>, explique comment cette volumétrie autorise une approche qui étend le champ de l&rsquo;analyse quantitative à des phénomènes relevant des sciences humaines et sociales. C&rsquo;est dans ce cadre que s&rsquo;inscrit le service Ngram Viewer.</p>
<p><strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/"> </a></strong></p>
<h2>Ngrams, le plus grand corpus de tous les temps : 500 milliards de mots</h2>
<p>Pour l&rsquo;utilisateur néophyte, <a href="http://ngrams.googlelabs.com/">Ngram </a>est un outil sympa, avec une interface simplificatrice. <strong>Vous saisissez de 1 à 5 mots et observez leur évolution d&rsquo;usage au fil du temps </strong>(de 1800 à 2008), en fonction de leur occurrence dans les ouvrages numérisés. Ça peut aider à <a href="http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=guerre&amp;year_start=1800&amp;year_end=2008&amp;corpus=7&amp;smoothing=3">réinventer la roue</a> (ou bien au contraire <a href="http://ngrams.googlelabs.com/graph?content=roue&amp;year_start=1800&amp;year_end=2008&amp;corpus=7&amp;smoothing=3">à moins s&rsquo;en soucier</a> !)</p>
<p>On y découvre par exemple que le monde change décidément beaucoup, et de plus en plus vite !</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-958" title="28-12-2010 15-09-29" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-300x118.png" alt="" width="300" height="118" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-300x118.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29-768x302.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-15-09-29.png 912w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Mais ses préoccupations jusqu&rsquo;ici nous rassurent, plutôt :D</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-22-12.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-965" title="28-12-2010 16-22-12" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-22-12-300x113.png" alt="" width="300" height="113" /></a></p>
<p>Il y a des essais amusants à faire sur l&rsquo;évolution des réseaux, je vous en livre au hasard un que j&rsquo;ai trouvé assez joli (testez aussi les occurrences du mot « network / réseau »)</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-34-38.png" target="_blank" rel="noopener"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-967" title="28-12-2010 16-34-38" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-16-34-38-300x115.png" alt="" width="300" height="115" /></a></p>
<p>Et il n&rsquo;est pas inintéressant d&rsquo;observer aussi les formes de perception du « savoir », celles analytiques devant fatalement prendre le pas sur celles consolidées. Quand on vous dit que le « par cœur » à l&rsquo;école ne saura bientôt plus où donner de la tête, avec cette masse de données. ;)</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-974" title="28-12-2010 17-57-18" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-300x115.png" alt="" width="300" height="115" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-300x115.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18-768x295.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-57-18.png 918w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Comme l&rsquo;explique <a href="http://www.boingboing.net/2010/12/16/data-mining-the-inte.html">Boing-boing</a>,<strong> les chercheurs ont pu ainsi faire émerger des modèles et hypothèses réellement intéressants</strong>. Les mentions des années (vous pouvez facilement reproduire cette observation, qui dessine un très beau modèle), ou celles des inventions, questionnent sur notre propension à oublier de plus en plus vite notre passé (la demi-vie des courbes est de plus en plus brève) et à ancrer de plus en plus vite et facilement notre futur.</p>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37.png"><img decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-972" title="28-12-2010 17-40-37" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-300x122.png" alt="" width="300" height="122" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-300x122.png 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37-768x313.png 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/12/28-12-2010-17-40-37.png 915w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<h2>Une fiabilité imparfaite, mais des données ouvertes</h2>
<p>Du point de vue du spécialiste, en revanche, l&rsquo;outil est loin de la perfection.</p>
<p>La <strong>faible qualité de l&rsquo;OCR</strong> (reconnaissance des caractères : confusion par exemple entre le s long &#8211; ancienne forme du s minuscule &#8211; et le f) est notamment en cause : et pour avoir décrypté pas mal de documents anciens &#8211; et l&rsquo;avis est celui de tous les spécialistes ici et là sur Internet -, c&rsquo;est un handicap de taille.</p>
<p>Sans compter des <strong>biais dus aux erreurs de datations</strong>, un certain <strong>« bruit » provoqué par les rééditions</strong> d&rsquo;ouvrages, etc.  Si vous voulez approfondir les faiblesses du corpus, vous trouverez <a href="http://corpus.byu.edu/coha/compare-culturomics.asp">ici un comparatif avisé avec le COHA (Corpus of Historical American English)</a>.</p>
<p>En bref, la donnée est là, mais sa faculté d&rsquo;exploitation laisse encore à désirer. :)</p>
<p>Mais la démarche à retenir, est l&rsquo;inscription dans la tendance de « libération des données » (<em>Cf. <a href="http://www.ted.com/talks/tim_berners_lee_on_the_next_web.html">raw datas now</a>, intervention de Tim Berners Lee, inventeur d&rsquo;Internet) </em>: la <strong><a href="http://ngrams.googlelabs.com/datasets">libre mise à disposition du public et des chercheurs d&rsquo;un corpus d&rsquo;une taille phénoménale</a></strong>.</p>
<p>Il n&rsquo;est pas ici livré « brut », mais sous la forme de ses <strong>n-grammes </strong>(les séquences de n mots consécutifs, n de 1 à 5). Mais comme le relève <a href="http://alatoisondor.wordpress.com/2010/12/20/google-ngram-viewer-un-extraordinaire-corpus-mais/">Rémi Mathis</a>, le tout est placé sous la licence Creative Commons BY, la plus ouverte, ce qui encourage les initiatives innovantes, y compris commerciales, qui sauraient tirer parti de cette mine d&rsquo;informations.</p>
<p>Reste à savoir ce que pensent les chercheurs en sciences sociales de cette « dépendance » à Google : bénéfice ou contrainte ?</p>
<h2>Peut-on quantifier l&rsquo;humain ?</h2>
<p>On s&rsquo;attend à peu d&rsquo;affinités et beaucoup de craintes, avec ce type d&rsquo;approche : on touche à « l&rsquo;humain ».</p>
<p>Mais de même qu&rsquo;au quotidien on l&rsquo;observe par exemple, pour le data-journalisme (qui fait travailler main dans la main journalistes et statisticiens, infographistes, développeurs&#8230;), Internet semble avoir décidément cette faculté à décloisonner les spécialités, et à rapprocher les geeks&#8230; et les autres.</p>
<p>Comme <a href="http://www.wired.com/science/discoveries/magazine/16-07/pb_theory">Chris Anderson</a> l&rsquo;expliquait il y a quelques mois, <strong>le déluge de données va bouleverser l&rsquo;approche et la méthode scientifiques</strong>. La corrélation (le lien transversal) est en train de trouver sa valeur face à la causalité. (J&rsquo;en reparlerai dans un prochain billet, mais on voit d&rsquo;ailleurs de plus en plus clairement, tomber les frontières entre les disciplines, s&rsquo;effacer « l&rsquo;effet de silo » qui a compartimenté les sciences, l&rsquo;académisme, l&rsquo;enseignement&#8230;)</p>
<p>Les spécialistes en sciences humaines, les historiens, interrogés par <a href="http://www.nytimes.com/2010/11/17/arts/17digital.html?_r=2&amp;pagewanted=all">Patricia Cohen pour le New York Times</a>, y voient surtout des <strong>potentialités de développement</strong> : l&rsquo;émergence de nouvelles caractéristiques, sources d&rsquo;études, de nouveaux questionnements, sujets de recherches&#8230;</p>
<p>Le risque pour eux ne repose pas tant sur la quantification des données, que sur <strong>la qualité de l&rsquo;interprétation</strong> et de l&rsquo;usage : elle est affaire d&rsquo;humains, et de professionnels (prudence évidemment avec le genre de tentatives ludiques comme ci-dessus !). Et il est à parier que ces données, ces outils, vont justement leur apporter sinon un matériau nouveau, du moins <strong>un angle d&rsquo;attaque inédit jusqu&rsquo;ici, et encore inconcevable il y a peu.</strong></p>
<p>Mais je vous invite aussi à lire le <a href="http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/12/culturonomics-juste-une-question-de-corpus-.html">billet d&rsquo;Olivier Ertzscheid sur Affordance</a>, qui en interrogeant sur la <a href="http://www.google.com/search?hl=fr&amp;safe=off&amp;client=firefox-a&amp;hs=GUx&amp;rls=org.mozilla:fr:official&amp;defl=fr&amp;q=define:Corpus&amp;sa=X&amp;ei=bwoaTd2JDsT_4AbWw6SGAg&amp;ved=0CBYQkAE">notion de corpus</a>, notamment sous l&rsquo;angle du droit, et en rapprochant ce corpus linguistique du <a href="http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/12/16/facebook-automatise-la-reconnaissance-faciale_1454541_651865.html">corpus social de Facebook</a>, éclaire aussi très bien les dimensions vertigineuses prises par ce jeu de l&rsquo;apprenti sorcier.</p>
<p>Tout cela revient à dé-re-matérialiser, à une autre échelle, ce qui est du domaine du culturel, immatériel : <strong>l&rsquo;intelligence humaine en train de se corporifier&#8230; dans les mains de qui ?<br />
</strong></p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/culturomics-de-ebooks-a-ngram-google-met-la-culture-a-portee-de-tous-ou-corporifie-la-culture-humaine/">Culturomics. Google met la culture à portée de tous… ou corporifie la culture humaine ?</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Soumission à l’autorité, de Milgram à Zone Xtrême : que les désobéissants lèvent le doigt !</title>
		<link>https://dangas.com/soumission-a-lautorite-de-milgram-a-zone-xtreme-que-les-desobeissants-levent-le-doigt/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2009 23:55:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<category><![CDATA[cognition]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[décision]]></category>
		<category><![CDATA[désobéissance]]></category>
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		<category><![CDATA[obéissance]]></category>
		<category><![CDATA[organisation]]></category>
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		<category><![CDATA[psychologie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[sciences cognitives]]></category>
		<category><![CDATA[sciences sociales]]></category>
		<category><![CDATA[soumission à l'autorité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Fin 2009 devrait voir la diffusion sur France 2 de La Zone Xtrême, un jeu où chaque mauvaise réponse est punie &#8230; par des décharges électriques ! Le principe est d&#8217;une simplicité enfantine : chaque candidat mémorise 27 associations de mots. Il est ensuite interrogé par un autre candidat, qui lui administre à chaque erreur [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/soumission-a-lautorite-de-milgram-a-zone-xtreme-que-les-desobeissants-levent-le-doigt/">Soumission à l’autorité, de Milgram à Zone Xtrême : que les désobéissants lèvent le doigt !</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Fin 2009 devrait voir la diffusion sur France 2 de <em>La Zone Xtrême</em>, un jeu où chaque mauvaise réponse est punie &#8230; par des décharges électriques !<br />
<a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/zoneXtreme010-e5718_1__m.jpg"><img decoding="async" class="alignright size-full wp-image-410" title="zoneXtreme010-e5718" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/zoneXtreme010-e5718_1__m.jpg" alt="" width="448" height="298" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/zoneXtreme010-e5718_1__m.jpg 448w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/zoneXtreme010-e5718_1__m-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 448px) 100vw, 448px" /></a></p>
<p>Le principe est d&rsquo;une simplicité enfantine : chaque candidat mémorise 27 associations de mots. Il est ensuite interrogé par un autre candidat, qui lui administre à chaque erreur un choc électrique croissant : 20 Volts à la première, 40 V à la deuxième&#8230; et ainsi de suite jusqu&rsquo;à 480 V.</p>
<p>Mais jusqu&rsquo;où ira la télé-réalité ?!<span id="more-409"></span></p>
<p>Rassurez-vous (un peu) : pas bien loin pour l&rsquo;instant. Le questionné est un comédien, les décharges n&rsquo;en sont pas : <strong>tout ici est faux</strong>, sauf le candidat bourreau, testé à son insu sur sa « faculté » à torturer les petits copains sans coup faillir. Le véritable but de l&rsquo;émission, d&rsquo;après son producteur : <strong>démontrer le pouvoir d’asservissement de la télévision</strong>. Comment ? En <strong>transposant l’expérience de Milgram dans un jeu télévisuel</strong>.</p>
<blockquote><p><em>Je veux démontrer que la télé peut faire faire n&rsquo;importe quoi.</em></p></blockquote>
<p>Le documentaire, produit par <strong>Christophe Nick</strong>, vise en effet à reproduire un classique des manuels de psycho : l&rsquo;expérience mené eaux Etats-Unis dans les années 60, par le psychologue Stanley Milgram, enseignant à Yale.</p>
<p>Des volontaires, enjoints d&rsquo;administrer à un autre participant des décharges électriques de puissance croissante à chaque erreur, ignoraient que ce prétendu cobaye était complice, et qu&rsquo;aucun choc électrique n&rsquo;était en réalité infligé. Démontrant ainsi au passage, et à la stupeur générale, que 62,5% d&rsquo;entre eux allaient pousser jusqu&rsquo;à la décharge maximum. Parce qu&rsquo;un scientifique leur en avait donné la consigne.</p>
<p>Là où la légitimité prenait sa source dans la blouse blanche de la Science chez Milgram, elle émane pour Christophe Nick, producteur de l&rsquo;émission, de la Télévision, prescriptrice possible selon lui des injonctions les plus absurdes, voire destructrices.</p>
<h2>Télé-réalité ou Télé-autorité ?</h2>
<p><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/arton7027-67419_1__m.jpg"><img decoding="async" class="alignright size-full wp-image-411" title="arton7027-67419" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/arton7027-67419_1__m.jpg" alt="" width="448" height="298" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/arton7027-67419_1__m.jpg 448w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/arton7027-67419_1__m-300x200.jpg 300w" sizes="(max-width: 448px) 100vw, 448px" /></a></p>
<p>80 candidats ont participé à ce jeu, dont le tournage s’est terminé fin avril. Les résultats bruts doivent être analysés et ne sont pas officialisés, mais selon les constats <a href="http://www.ecrans.fr/Telectrochoc,7027.html">dévoilés par la presse en avril dernier</a>, 80 % des candidats sont allés au bout.</p>
<p>80 % des candidats auraient administré la tension maximale, torturant et infligeant potentiellement la mort à leur partenaire de jeu. Parce qu&rsquo;un animateur de télévision leur en avait donné la consigne.</p>
<p>Il faut prendre avec moultes pincettes la validité même de « l&rsquo;expérience » et les écarts de contexte à celle de Milgram. Il fallait déjà accepter de participer à un jeu télévisuel. Être « acteur » d&rsquo;une émission regardée par des millions de personnes est probablement un facteur ou un contre-facteur supplémentaire à « aller au bout ». Et c&rsquo;est sans parler de l&rsquo;appât d&rsquo;un gain d&rsquo;un million d&rsquo;euros (les volontaires de Milgram ne touchaient que 4 $). En outre l&rsquo;émission n&rsquo;aura sans doute pas testé les variantes instructives dont Milgram avait éclairé son expérience (Cf. un prochain billet). <strong>On est évidemment là dans le divertissement informatif, non pas dans l&rsquo;étude scientifique</strong>.</p>
<p>Mais le producteur soulève ainsi deux questions. Celle de<strong> la force coercitive de la télévision et de ses animateurs</strong>, apparemment parés d&rsquo;une légitimité et d&rsquo;une influence à la hauteur de toutes les craintes. Et celle des limites des méthodes employées : « <strong>jusqu&rsquo;où peut aller la télé ?</strong> »</p>
<h2>« La télé utilise tous les moyens de la télé pour tuer la télé. »</h2>
<p>Face au constat des dérives de certains programmes, où la mort en direct n&rsquo;est plus très loin d&rsquo;être le divertissement de demain, l&rsquo;objectif déclaré du reportage est de <strong>mieux comprendre les mécanismes de cette forme de télévision</strong>, et le rapport qu&rsquo;y ont les candidats et téléspectateurs. (Christophe Nick est auteur de plusieurs séries documentaires &#8211; Chroniques de la violence ordinaire, Ecole(s) en France, La Résistance&#8230; &#8211; et du livre « TF1 un pouvoir ».)</p>
<p>Or ce supposé documentaire anti-télé-réalité, <strong>c’est très exactement de la télé-réalité, utilisée et scénarisée pour les besoins de la démonstration</strong>. Il atteint donc là ses propres limites : <strong>comment la télé saurait-elle juger la télé</strong> ? C&rsquo;est <a href="http://www.liberation.fr/medias/0101563917-zapper">Libération qui a ouvert ce débat</a> en opposant à Nick d&rsquo;user « des mêmes moyens contestables que ces émissions qui poussent leurs participants, volontaires, à explorer leurs bas-fonds ». Se prévaloir de morale, d&rsquo;éthique ou de didactique, ne revient-il pas à donner bonne conscience aux téléspectateurs sur le voyeurisme qui sous-tend leurs motivations ? Est-ce un projet si novateur et instructif, que de démontrer que la télévision peut faire faire n&rsquo;importe quoi ? A quoi bon enfoncer des portes ouvertes, et flirter avec la ligne blanche pour cela ?</p>
<p>France 2 assure avoir respecté l’ensemble des conditions éthiques imposées par les scientifiques (psychologues, psychosociologues et professeurs de sciences de la communication)associés au projet, notamment un post-suivi des 80 participants. Mais si ceux-ci se voient rassurés au cours du « jeu » sur les effets des décharges (« rien d&rsquo;irréversible »), quid en revanche des blessures à la dignité humaine, des atteintes à l&rsquo;image de soi et de l&rsquo;autre ? Du déni de leurs affects profonds infligé tant aux cobayes, mis quelques minutes face à la conscience d&rsquo;être plongés dans l&rsquo;inconcevable, qu&rsquo;aux tortionnaires réalisant l&rsquo;épouvantable « facilité logique » à le devenir ? (et c&rsquo;est oublier les équipes de tournage)</p>
<p>La barbarie est une menace omniprésente, inhérente à la condition humaine. <strong>Tout procédé constitutif de la déshumanisation d&rsquo;autrui, toute banalisation, fût-ce au travers d&rsquo;un jeu-expérience-documentaire, y concoure. Alors faut-il y jouer pour le démontrer ? Ou faut-il se voiler la face pour s&rsquo;en préserver ?</strong></p>
<h2>La pédagogie utilise-t-elle tous les moyens de la pédagogie pour tuer la pédagogie ?&#8230;</h2>
<p>Nick dit observer que le leitmotiv des candidats est le <strong>sentiment « d&rsquo;avoir appris quelque chose »</strong>.</p>
<p>Et <strong>l&rsquo;enseignement</strong> qui a émergé des travaux de Milgram (eux-aussi controversés) peut-on d&#8217;emblée le dénier à un film ou un reportage de « divertissement » ? Au motif qu&rsquo;ils ne sont pas le fruit de la réflexion et l&rsquo;étude d&rsquo;un universitaire, mais du regard d&rsquo;un journaliste, d&rsquo;un scénariste ou d&rsquo;un écrivain ? Et/ou parce qu&rsquo;ils cherchent à toucher un large public ?</p>
<p>Éternelle question, et miroir dans le miroir de l&rsquo;expérience : la blouse blanche fait-elle plus autorité que la télé en matière de pédagogie, la <strong>recherche scientifique a-t-elle (et jusqu&rsquo;où) la légitimité, voire le monopole, d&rsquo;une fin qui justifie les moyens</strong> ? (<em>Pour l&rsquo;anecdote, Milgram, connu aujourd&rsquo;hui comme l&rsquo;un des psychologues sociaux majeurs du XXe siècle, aura d&rsquo;abord été refusé à Harvard pour son insuffisance d&rsquo;études en psychologie</em>)</p>
<p>L&rsquo;émission la posera peut-être. Car l&rsquo;expérience de Milgram est un classique, largement popularisé, notamment à travers « <em>I comme Icare</em>« , film culte d’Henri Verneuil avec Yves Montand,<strong> diffusé maintes et maintes fois par la même télévision</strong>.</p>
<p>Pas suffisamment pourtant, semble-t-il, pour que la majorité des participants ait réalisé y être plongée. Ce, en dépit d&rsquo;une hétérogénéité des âges et milieux sociaux qui visait les conditions de représentativité d&rsquo;un panel, et non celles d&rsquo;un programme ciblé façon Star Ac&rsquo; ou Loft Story.</p>
<p>Une autre question, certes élémentaire mais intéressante pour le devenir d&rsquo;une humanité qui, accédant à toujours plus d&rsquo;informations, est <em>forcément </em>investie de la mission de savoir les analyser et les traiter, serait donc de se demander <strong>dans quelle mesure la connaissance antérieure de ce film aura réussi, ou pas, à prémunir certains autres candidats</strong> de « tomber dans le piège ». A rapprocher aussi de ceux qui l&rsquo;auront été &#8211; ou pas &#8211; pour avoir déjà lu « <em>Soumission à l&rsquo;autorité</em>« , ou fait des études en sciences sociales ;)</p>
<p>Sans conclure, à défaut, que l&rsquo;un ou l&rsquo;autre auront été des coups d&rsquo;épée dans l&rsquo;eau, cela pourrait, le cas échéant, démontrer la capacité de la télé à remplir, aussi, dans son contexte et avec une efficience certes limitée mais existante, le rôle de vecteur culturel qu&rsquo;elle s&rsquo;est donné. Une <strong>aptitude pédagogique à faire contrepoids à ses propres effets pervers</strong>, en ayant également eu celui d&rsquo;<strong>élargir le champ de conscience et d&rsquo;analyse de quelques uns </strong>des participants, à l&rsquo;instant crucial d&rsquo;administrer la décharge mortelle.</p>
<p>Finalement, pour reprendre les mots de Claude Chabrol au même Libé en 2001 : « <em>A la télé, tout est bien. Il suffit de se mettre à la bonne distance. […] Bien sûr, il y a des choses tellement immondes qu’il faut se mettre très loin, mais c’est passionnant. […] Il faut simplement régler son viseur.</em> »<br />
Comme partout.</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/soumission-a-lautorite-de-milgram-a-zone-xtreme-que-les-desobeissants-levent-le-doigt/">Soumission à l’autorité, de Milgram à Zone Xtrême : que les désobéissants lèvent le doigt !</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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		<title>La double contrainte ou l&#8217;art de gérer des injonctions paradoxales</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Corinne DANGAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2009 22:29:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Populaires]]></category>
		<category><![CDATA[Sciences humaines et sociales]]></category>
		<category><![CDATA[cognition]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a certaines situations que j&#8217;ai personnellement toujours détestées et jamais bien su gérer, que j&#8217;ai recroisées dernièrement en relisant quelques classiques de la S.F. d&#8217;Asimov : ce sont celles de « double contrainte« . Le « double bind » est un concept apparu en 1956, théorisé par Gregory Bateson, qui désigne une situation de paradoxe imposé. Deux [&#8230;]</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/la-double-contrainte-ou-lart-de-gerer-des-injonctions-paradoxales/">La double contrainte ou l&rsquo;art de gérer des injonctions paradoxales</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Il y a certaines situations que j&rsquo;ai personnellement toujours détestées et jamais bien su gérer, que j&rsquo;ai recroisées dernièrement en relisant quelques classiques de la S.F. d&rsquo;Asimov : ce sont celles de « <strong>double contrainte</strong>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le « double bind » est un concept apparu en 1956, théorisé par <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Gregory_Bateson" hreflang="en">Gregory Bateson</a>, qui désigne une situation de paradoxe imposé. Deux obligations ou <strong>injonctions contradictoires</strong> sont reçues, qui, s&rsquo;interdisant mutuellement, induisent une <strong>impossibilité logique à les résoudre ou les exécuter</strong> sans contrevenir à l&rsquo;une des deux. Le terme de « knot » (nœud) est également employé pour décrire cette (terrible ! :) ) situation d&rsquo;enfermement.</p>



<span id="more-388"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright"><a href="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/double-bind-panneau_t.jpg"><img decoding="async" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2010/11/double-bind-panneau_t.jpg" alt="Double contrainte - double bind - d'après Paul Watzlawick" class="wp-image-389"/></a><figcaption>D&rsquo;après Paul Watzlawick</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux obligations n&rsquo;ont pas forcément d&rsquo;évidences parallèles de temporalité ou d&rsquo;énoncé. L&rsquo;une ou l&rsquo;autre peut tout à fait résulter d&rsquo;apprentissages socio-éducatifs génériques ou très antérieurs (On nous a tous par exemple rabâché, enfants, qu&rsquo;il est « mal de dénoncer »).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or là où les robots d&rsquo;Asimov se retrouvent paralysés et hors d&rsquo;état de service lors de la tentative d&rsquo;exécution de règles contradictoires, pour moi, l&rsquo;être humain ne vaut guère mieux !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Double contrainte et stratégies d&rsquo;adaptation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <strong>mutisme </strong>est, par exemple, un effet émergent caractéristique de ces situations. Un blocage de communication qui s&rsquo;avère d&rsquo;ailleurs en général une réponse complètement inadaptée, puisqu&rsquo;elle les verrouille encore plus ! Il est intéressant de noter qu&rsquo;il intègre même souvent un second niveau de double contrainte (interdiction de communiquer <em>vs </em>besoin irrépressible de le faire)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Privé de sécurité essentielle, mis en contexte incohérent et dangereux,&nbsp;le cerveau peut aussi être amené, comme dans tout contexte traumatisant, à adopter des <strong>stratégies ultimes de survie</strong> qui visent à dissocier cette souffrance intolérable de la pensée consciente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour <strong>maintenir une cohésion vitale</strong> (individuelle ou sociale), il peut ainsi glisser vers la <strong>concession et le compromis</strong> (le syndrome de Stockholm ne revient-il pas à « annuler » une contrainte externe en l&rsquo;incorporant dans son propre référentiel de règles, en sorte de cohabiter avec elle ?) ou bien encore <strong>isoler la source traumatique</strong> (de même que nos systèmes informatiques isolent les virus) pour pouvoir continuer à fonctionner normalement par ailleurs, et <strong>ainsi s&rsquo;offrir un angle d&rsquo;attaque différent </strong>du problème.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tel que je le vois, une virtualisation en quelque sorte, puisque s&rsquo;opère alors une scission du système psychique en deux systèmes distincts, le second étant une réplication du premier « sans production de l&rsquo;erreur » &#8211; un mode sans échec ! -, qui pourra garantir la subsistance de l&rsquo;individu par l&rsquo;application d&rsquo;autres procédures, de <strong>règles de gestion légèrement altérées mais plus adaptées </strong>au contexte imposé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le système 1 contenant « l&rsquo;incendie initial » se retrouve très réduit, il finira, petit à petit, par disparaître ou réintégrer l&rsquo;autre, dès lors où l&rsquo;individu est sorti de la situation périlleuse et où il bénéficie par ailleurs de processus curatifs naturels (ou externes). En revanche il est probable que les cas plus graves soient ceux où doivent cohabiter de façon pérenne deux systèmes psychiques larges et très différents, dont la réunion à terme est alors plus que douteuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi on peut comprendre que <strong>certaines situations de double contrainte peuvent être « solutionnées » par une réorganisation psychique</strong>, une transformation de l&rsquo;individu par nécessité d&rsquo;adaptation environnementale, mise en œuvre <strong>par nos mécanismes de défense et de survie</strong>, et dont l&rsquo;extrême serait la schizophrénie (dédoublement de la personnalité).</p>



<figure class="wp-block-image is-resized"><img decoding="async" src="http://dangas.com/wp-content/uploads/2009/04/Asterix-en-Corse-1200x402.jpg" alt="" class="wp-image-7642" width="900" height="302" srcset="https://dangas.com/wp-content/uploads/2009/04/Asterix-en-Corse-1200x402.jpg 1200w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2009/04/Asterix-en-Corse-300x101.jpg 300w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2009/04/Asterix-en-Corse-768x258.jpg 768w, https://dangas.com/wp-content/uploads/2009/04/Asterix-en-Corse.jpg 1500w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption>Astérix en Corse

</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de la résilience</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;observation de ces mécanismes fait aussi émerger la notion très à la mode de <strong>résilience</strong>, popularisée par le psychiatre Boris Cyrulnik, qui a théorisé les stratégies d&rsquo;adaptation qu&rsquo;il a dû, enfant, adopter pour survivre et échapper à la mort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Capacité d&rsquo;un métal à résister à la rupture pour reprendre sa forme initiale à la suite d&rsquo;un choc, la résilience est une <strong>métaphore décrivant l&rsquo;aptitude des individus et des systèmes sociaux à survivre et s&rsquo;adapter en dépit de l&rsquo;adversité</strong>, d&rsquo;un environnement hostile, de situations de souffrance ou du choc d&rsquo;un traumatisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je trouve que certains promoteurs de ce concept, très médiatisé en France, versent dans l&rsquo;idéalisation, ignorant les processus naturels de résolution de souffrance « hors situation de crise », et présentant la résilience comme une vertu, et une fin en soi. Quelles que soient l&rsquo;hostilité environnementale et la pression sociale,rien n&rsquo;est plus si grave, puisque les « résilients » pourront rebondir. Les autres feront avec, et Dieu reconnaîtra les siens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réalité est évidemment moins simple. La résilience est une notion ambigüe recouvrant une grande complexité et une infinie variété de mécanismes de défense, dont on ne peut occulter la fragilité, les interactions, l&rsquo;imprévisibilité d&rsquo;évolution, voire la réversibilité, et dont certains peuvent, par ailleurs, s&rsquo;avérer tout à fait défavorables à l&rsquo;avenir de l&rsquo;individu, ou à son entourage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin du rebond exceptionnel et merveilleux que l&rsquo;on peut lire au détour des magazines, permettant même aux moins bien lotis de devenir des victimes héroïques, nouveaux miraculés du XXIe siècle, que la médiatisation de leurs coups durs sublimés aura transformés en surhommes doués d&rsquo;énergie et de talents hors du commun et rendus capables de transformer le plomb en or, la résilience n&rsquo;est ni un état bienheureux, ni un formidable arsenal de vertus d&rsquo;adaptabilité, mais bien <strong>un processus de reconstruction complexe et incertain</strong>, aidant à supporter et digérer tant bien que mal une situation subie. Et parfois &#8211; souvent- plutôt mal que bien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment gérer une double contrainte ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces limites de raison étant posées à ces processus radicaux d&rsquo;adaptation interne, et pour en revenir à la double contrainte, il paraît donc évident qu&rsquo;il faut <strong>aussi viser en amont une meilleure capacité immédiate à la gérer</strong>, y compris dans ses multiples manifestations quotidiennes !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qui sait, incorporer aux programmes scolaires et éducatifs, quelques enseignements sur la très relative applicabilité de tant de règles immuables enseignées dès le plus jeune âge, produirait peut-être des effets bénéfiques sur nombre maux de notre siècle, culpabilité, stress, souffrance au travail, dépression nerveuse, maladies mentales, nées de l&rsquo;incapacité à les appliquer ? ;)</p>



<p class="wp-block-paragraph">On vous expose un problème sans solution, des obligations aussi variées que contradictoires : stop, ne culpabilisez plus parce que vous ne pouvez pas les résoudre !</p>



<p class="wp-block-paragraph">La double contrainte étant une <strong>situation par définition insoluble de façon logique et directe</strong>, sa résolution ne peut passer <strong>que</strong> par un contournement latéral ou vertical.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;identification et le recours à des <strong>repères stables d&rsquo;un référentiel extérieur</strong>, permet d&rsquo;avoir une autre lecture de la situation, de même que le <strong>changement de focus ou d&rsquo;échelle</strong>, qui en donneront une analyse à un niveau plus élevé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même ordre d&rsquo;idées, la <strong>meta-communication</strong> (communiquer sur la communication) permet d&rsquo;apporter des réponses, appuyées sur l&rsquo;humour, sur l&rsquo;absurde, l&rsquo;incongruité du dialogue, ou sur l&rsquo;impossibilité même de communiquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autoriser<strong> la conscience de cette double contrainte</strong>, et l&rsquo;exposer explicitement, permet quoi qu&rsquo;il en soit de modifier des <strong>règles de jeu qui contiennent en elles-mêmes une tricherie</strong> interdisant de jouer gagnant (sauf à manquer totalement de logique). Rien ne vous oblige à jouer avec les règles d&rsquo;un autre, alors n&rsquo;hésitez pas à les faire évoluer et en proposer de plus larges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on me pose une question dont aucune réponse n&rsquo;est « bonne », si l&rsquo;on me donne deux indications radicalement contradictoires, je m&rsquo;efforce d&rsquo;indiquer que « la question contient un piège » et que je ne peux pas y répondre, puisqu&rsquo;en choisissant « blanc », je ferai telle erreur, et en choisissant « noir », l&rsquo;on me reprochera telle autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul risque : à user à petite dose car on vous opposera rapidement une fâcheuse propension à compliquer les réponses et ne pas aimer les erreurs (un peu masochistes) ! ;) Mais tant pis, essayez de vous consoler en vous disant que dans l&rsquo;absolu, c&rsquo;est bien vous qui approchiez la meilleure (moins mauvaise) réponse !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin n&rsquo;oubliez pas, comme en tout art de la guerre, que si la cause est désespérée, <strong>la fuite</strong> reste la suprême politique. Non pas une défaite, mais le changement de paradigme ultime : « Une bonne retraite vaut mieux qu&rsquo;un mauvais combat. »</p>
<p>Source de l'article <a href="https://dangas.com/la-double-contrainte-ou-lart-de-gerer-des-injonctions-paradoxales/">La double contrainte ou l&rsquo;art de gérer des injonctions paradoxales</a> : <a href="https://dangas.com">Blog-notes | Corinne Dangas</a>.</p>
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